Dimanche, s’est tenue à Téhéran la grande prière en hommage à l’ayatollah Ali Khamenei tombé en martyr le 28 février dernier lors d’une frappe ciblée américano-israélienne. Un hommage et un message au monde qui est clair: la nation iranienne est plus que jamais unie.

Le camion transportant les cercueils du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et de membres de sa famille se fraye un chemin parmi les personnes en deuil lors du cortège funèbre se dirigeant vers la tour Azadi à Téhéran, en Iran, le lundi 6 juillet 2026. (Photo AP/Vahid Salemi)
Le peuple est sorti pour rendre un dernier hommage à son guide. Une marée humaine rarement vue dans la capitale iranienne. Ils, elles, sont venus témoigner et dire leur amour à l’ayottolah.
Les images de ces millions de personnes sur le passage du cortège funèbre saluant le guide et criant vengeance font tomber à elles seules quatre décennies de propagande occidentale et de complot visant à éloigner le peuple iranien du régime des Mollah.
“Aujourd’hui, le peuple iranien, en deuil, a rendu un dernier hommage à son leader martyr et l’a confié à Dieu ; il fut un soutien pour les cœurs et le protecteur de la nation durant les années difficiles. En lui disant adieu, ils ont renouvelé leur engagement envers la voie qu’il a suivie jusqu’à son martyr.” relate Hamshahri, un quotidien de Téhéran.
Melika Nourian, étudiante de 22 ans, dit être venue « pour montrer à tous les peuples du monde combien nous l’aimions et combien nous sommes attachés au système, au peuple et à la République islamique« .
Donald Trump et son allié Israëlien Benjamin Netanyahou, ont cru opportun, d’assassiner le guide suprême pour faire effondrer le pouvoir iranien. L’Iran, civilisation millénaire, a su construire un pouvoir solide, décentralisé et farouchement ancré dans le peuple.
Le peuple n’a pas crié : « À bas les ayatollahs» ou « vive l’Amérique» ou « vive les fiertés » comme on l’aurait tant aimé dans les salles de rédaction occidentales, mais elles réclament vengeance pour l’agression qu’elles ont subie.
Non seulement, l’insurrection attendue n’est jamais arrivée mais l’Iran a infligé aux Etats-Unis la défaite la plus totale et la plus humiliante de toute l’histoire de l’Amérique.
Ces journées de funérailles et de prières sont aussi pour le pouvoir iranien de montrer au monde l’unité de son peuple.
Shirin, une jeune ingénieur de 35 ans qui n’est pas partisane du pouvoir islamique, se tient dans les rangs et tient elle aussi à saluer la mémoire du guide.
« Je ne suis pas partisane du pouvoir iranien actuel mais j’ai un grand respect pour notre guide. Il a sacrifié sa vie alors qu’il avait la possibilité de se protéger. Nous sommes là pour prier et lui rendre hommage. L’Iran est au dessus de tout »se confie la jeune dame.
La plupart des grandes puissances, de la Russie à la Chine en passant par la Turquie et le Pakistan, ont envoyé des représentants assister à ces funérailles historiques, mais c’est surtout la présence des ambassadeurs des pays arabes souvent alliés des Etats-Unis (Oman, Egypte, Irak, Liban, Tunisie) qui est remarquable – et remarquée.
Il est vrai que ce n’est pas seulement le guide iranien qui est porté en terre aujourd’hui, le jour même du 250e anniversaire de la révolution américaine, mais ce qui restait de l’hégémonie occidentale depuis la crise des subprimes et la défaite en Afghanistan.
Le cercueil d’Ali Khamenei est arrivé lundi soir dans la ville sainte de Qom, après la marée humaine de Téhéran. Ali Khamenei sera inhumé jeudi à Machhad.
Le célèbre journaliste américain Max Blumenthal s’est rendu aux funérailles du Guide suprême.
« Je viens d’assister aux plus grandes funérailles de l’histoire, où des millions de personnes ont pleuré Sayyed Ali Khamenei, le dirigeant iranien assassiné par la coalition américano-israélienne aux côtés de membres de sa famille.
Il est pratiquement impossible de saisir l’atmosphère ou la signification de cette scène sans être sur place. J’ai rencontré des gens venus du monde entier pour rendre hommage au défunt, y compris de nombreux Occidentaux. La foule qui afflue est interminable ; elle ne cesse de grossir et de gagner en ferveur à mesure que la nuit tombe.
Depuis le Mosalla de Téhéran s’élèvent des appels indignés à la vengeance, des manifestations de douleur et de défi, des protestations, des chants et des marathons de poésie. Ces journées de deuil marqueront l’un des moments les plus marquants de l’histoire des mouvements anti-impérialistes.
Tous mes interlocuteurs pensent que la guerre frappera bientôt à nouveau l’Iran, et aucun ne fait confiance à l’accord conclu avec les États-Unis. Ils sont toutefois convaincus que leur pays est capable de dissuader une nouvelle agression. Ils considèrent la mobilisation de leurs concitoyens comme un élément essentiel à la survie de l’Iran.
Si l’assassinat de Khamenei visait à provoquer un changement de régime, ses funérailles démontrent à quel point cette stratégie s’est retournée contre ses auteurs. Ce crime pourrait bien avoir des répercussions imprévues, que ses instigateurs — manifestement ignorants de l’histoire — n’auraient jamais pu imaginer.
Ce dont nous sommes témoins au Mosalla consolide la République islamique et sa société révolutionnaire en tant que réalité politique impossible à effacer par la guerre ou les sanctions. Il s’agit d’un tournant régional dont les résonances se feront sentir pendant toute une génération. »










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