Les enfants de Minab: Chronique d’une vérité qu’on ne peut plus taire (Alhadji A Moustapha)

Alhadji Aboubakar Moustapha • New York, Assemblée générale des Nations unies. — Il n’a pas commencé par les mots. Il a commencé par les visages. Des visages d’enfants. Des visages figés dans l’instant qui précède l’éternité. Des visages que nul discours, nulle résolution, nulle immunité ne pourra jamais ramener. Masoud Pezeshkian a fait parler les preuves ! 

Les enfants de Minab: Chronique d’une vérité qu’on ne peut plus taire (Alhadji A Moustapha), Information Afrique Kirinapost

Des visages, des vies… les enfants d’une école bombardée par les américains au premier jour de la guerre en Iran.

Masoud Pezeshkian s’est levé. Il a pris la parole. Et devant les dirigeants du monde, devant les caméras, devant l’Histoire, il a brandi ce que les puissants redoutent le plus : la preuve. L’image. L’insoutenable.

Ce mercredi 23 septembre, la tribune de l’ONU n’était plus une tribune. C’était un tribunal. Et les accusés, pour une fois, n’étaient pas ceux qu’on attendait.

La réponse

La veille, Trump avait parlé. Il avait menacé. Il avait injurié. Il avait, comme toujours, transformé la diplomatie en spectacle, et le spectacle en arme. L’Iran, avait-il dit, est une nation de terroristes. L’Iran, avait-il grondé, doit être anéanti. L’Iran, avait-il hurlé, n’a aucune chance de survie.

Les mots étaient tombés comme des bombes. Personne n’avait bronché. Les alliés avaient haussé les épaules. Les médias avaient tourné en boucle. Le monde, une fois de plus, avait laissé faire. Puis Pezeshkian s’est levé.

« Hier, Trump nous a décrits comme des terroristes. Nous avons été les victimes du terrorisme. »

La phrase est simple. Presque banale. Mais dans cette salle, à ce moment, elle claque comme un coup de tonnerre. Car elle renverse les rôles. Elle inverse les rôles. Elle dit ce que personne ne veut entendre : le terroriste, ce n’est pas toujours celui qu’on désigne.

Les enfants

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Une enfant tuéé dans cette école de jeunes filles de Minab

Il n’a pas parlé longtemps des enfants. Il n’avait pas besoin de le faire. Les images parlaient pour lui. Elles parlaient de Minab. De cette école primaire réduite en poussière. De ces 150 morts, dont 120 enfants. De ces corps minuscules qu’on a sortis des décombres, un par un, sous les cris des mères, sous les regards impuissants des pères.

« Vous voyez ces enfants ? Ces enfants ont perdu la vie sous des bombes utilisées par les États-Unis et Israël. Ils étaient innocents et n’avaient commis aucun crime. »

Innocents. Le mot est lâché. Il résonne dans la salle comme un glas. Car il n’y a pas de mot plus lourd, dans une enceinte où l’on parle de guerre, que celui d’innocence. Il n’y a pas d’accusation plus grave que celle qui consiste à dire : vous avez tué des enfants.

Le rapport qu’on a enterré

Et ce n’est pas une parole en l’air. Ce n’est pas une émotion instrumentalisée. Ce n’est pas une mise en scène. Car il y a un rapport. Un rapport de l’ONU. Une mission d’enquête. Des enquêteurs. Des juristes. Des experts. Des gens dont le métier est d’établir les faits, pas de les inventer.

Ces enquêteurs ont conclu. Ils ont écrit. Ils ont signé. Ils ont déclaré disposer de « motifs raisonnables de croire » que les frappes américaines contre une école et une installation sportive en Iran, en février, constituaient des violations du droit international humanitaire.

Des mots techniques. Des mots froids. Des mots de juristes. Mais derrière ces mots, il y a Minab. Il y a 150 morts. Il y a 120 enfants. Il y a des vies brisées, des familles détruites, un pays meurtri.

Et ces mots, ces mots terribles, personne n’en a parlé. Personne ne les a repris. Personne ne les a mis à la une. Car ils accusent les bons. Car ils accusent les forts. Car ils accusent ceux qu’on ne veut pas accuser.

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Le président brandissant le portrait de l’imam Khamenei tué par un bombardement américain

La tribune comme champ de bataille

Pezeshkian a transformé la tribune en champ de bataille. Non pas un champ de bataille militaire — cela, il l’a laissé aux autres. Un champ de bataille moral. Un champ de bataille de vérité. Un champ de bataille où les armes ne sont pas des bombes, mais des images. Des images d’enfants. Des images qu’on ne peut pas effacer. Des images qu’on ne peut pas nier.

Il a fait ce que tant d’autres auraient dû faire avant lui. Il a dit l’indicible. Il a montré l’inmontrable. Il a posé la question que personne ne veut poser : comment peut-on parler de terrorisme quand on bombarde des écoles ?

La réponse, il ne l’a pas donnée. Il n’avait pas à la donner. Elle est dans les yeux des mères de Minab. Elle est dans les cris des pères. Elle est dans le silence des enfants qui ne parleront plus jamais.

Derrière les discours, la réalité

À New York, les puissants se succèdent à la tribune. Ils parlent de paix. Ils parlent de sécurité. Ils parlent de valeurs. Ils parlent de droit international. Ils prononcent des mots que leurs propres actes contredisent.

Derrière ces discours, il y a une réalité. Une réalité brutale. Une réalité que les images de Pezeshkian ont rappelée à tous : dans les guerres, ce sont les civils qui paient. Ce sont les enfants. Ce sont les innocents. Ce sont ceux qui n’ont rien demandé, rien choisi, rien décidé.

Les frappes américaines contre l’Iran ne sont pas une abstraction. Elles ne sont pas un épisode lointain. Elles ne sont pas un dommage collatéral. Elles sont des crimes. Des crimes documentés. Des crimes enquêtés. Des crimes impunis.

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Le président Pezeshkian exhibe des preuves et des preuves…

Le silence des puissants

Et pendant que Pezeshkian parlait, que faisaient les autres ? Que faisaient les alliés de Washington ? Que faisaient les Européens ? Que faisaient ceux qui, la veille, avaient écouté Trump menacer d’anéantir un pays sans broncher ?

Ils écoutaient. Ils regardaient. Ils attendaient que cela passe. Comme toujours. Comme à chaque fois. Comme si le monde pouvait continuer ainsi, indéfiniment, sans conséquences. Comme si les enfants de Minab n’avaient jamais existé. Comme si les bombes n’avaient jamais été larguées. Comme si la vérité pouvait être enterrée avec les corps.

Mais la vérité ne s’enterre pas. Elle remonte. Toujours. Elle remonte par les images. Par les témoignages. Par les rapports. Par les voix de ceux qui refusent de se taire.

La mémoire comme arme

Pezeshkian n’a pas demandé vengeance. Il n’a pas appelé à la guerre. Il n’a pas menacé d’anéantir qui que ce soit. Il a fait quelque chose de plus puissant. De plus dangereux, pour les puissants. Il a fait appel à la mémoire.

Car la mémoire est une arme. La plus redoutable de toutes. Elle ne s’achète pas. Elle ne se négocie pas. Elle ne s’efface pas. Elle traverse les générations. Elle traverse les frontières. Elle traverse les mensonges.

Les enfants de Minab sont morts. Mais ils vivent dans ces images. Ils vivent dans ces mots. Ils vivent dans la conscience de ceux qui les ont vus. Et un jour, peut-être, ils vivront dans les tribunaux. Dans les verdicts. Dans les condamnations.

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Le Pezeshkian à la tribune des Nations-Unies

L’heure de vérité

Ce mercredi 23 septembre, à New York, quelque chose s’est passé. Pas une révolution. Pas un basculement. Pas encore. Mais quelque chose. Un frémissement. Une fissure. Une brèche dans le mur de l’indifférence.

Un homme s’est levé. Il a montré des images. Il a dit la vérité. Et personne, dans cette salle, n’a pu prétendre qu’il mentait. Personne n’a pu prétendre qu’il exagérait. Personne n’a pu prétendre que ces enfants n’avaient pas existé.

Car ils ont existé. Ils existent encore, dans le cœur de ceux qui les pleurent. Ils existeront toujours, dans la mémoire de ceux qui refusent d’oublier.

Et c’est cela, peut-être, la seule victoire possible. Non pas la victoire militaire. Non pas la victoire diplomatique. La victoire de la vérité. La victoire de la mémoire. La victoire de ceux qui, même morts, continuent de parler.

New York, septembre 2025

« On peut tuer des enfants. On peut bombarder des écoles. On peut mentir au monde entier. Mais on ne peut pas empêcher la vérité de se lever. Elle se lève toujours. Même quand elle vacille. Même quand elle saigne. Même quand elle pleure. »

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