À l’occasion des 25 ans de la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’abrogation du « Code noir », cet ensemble de textes royaux ayant organisé l’esclavage dans les colonies françaises, sonne comme un affront et une volonté de maintenir un sentiment de domination.
Officiellement la proposition de loi visant à abroger définitivement le « Code noir » sera examinée le 28 mai prochain à l’Assemblée nationale.
En ce mois de commémoration, le débat sur le Code noir refait surface. La journée du 22 mai est une date historique majeure en Martinique, marquant l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage sur l’île en 1848.
Par ailleurs, la Journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage et de leurs abolitions est une journée nationale consacrée en France au souvenir des souffrances infligées par l’esclavage et à ses abolitions, en 1794 et en 1848 en France.
Cette date renvoie à la marche organisée à Paris le 23 mai 1998 par des associations ultramarines, en hommage aux descendants d’esclaves et pour une reconnaissance publique de cette mémoire.
Le 22 mai donc est un jour férié en Martinique. D’autres territoires d’outre-mer commémorent l’abolition à des dates différentes, correspondant à son entrée en vigueur locale :
le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, ou encore le 20 décembre à La Réunion (fête réunionnaise de la liberté).
Le Code noir…
L’ordonnance ou édit de mars 1685 sur la police des îles françaises d’Amérique, que l’usage a appelé «Code noir» au début du XVIIIe siècle, fut élaboré sous la supervision des Colbert père et fils (à partir de septembre 1683) sur la base de mémoires réalisés à la demande du premier par les administrateurs coloniaux compilant la réglementation, la jurisprudence et les usages locaux des petites Antilles françaises. Enregistré en Martinique au mois d’août et en Guadeloupe au mois de décembre, le texte sera étendu à Saint-Domingue en 1687 et à la Guyane en 1704. Deux autres édits, également appelés « codes noirs », reprirent en substance les dispositions de celui de 1685, respectivement pour l’île de France (Maurice) et l’île Bourbon (La Réunion) en 1723 et la Louisiane en 1724.








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