Alors l’Afrique du Sud est traversée par une vague de haine et de xénophobie visant les ressortissants étrangers, africains particulièrement, une partie du pays de Mandela semble aujourd’hui frappée d’amnésie historique.
Bien avant la fin de l’apartheid, des millions d’Africains ont contribué à la liberté sud-africaine. Le Nigeria a financé l’ANC, offert des bourses d’études, accueilli des exilés, fourni des passeports et mobilisé sa diplomatie contre le régime ségrégationniste. La Tanzanie, la Zambie, le Mozambique, l’Angola, le Botswana, l’Algérie et d’autres encore ont accueilli des combattants, des réfugiés et des structures de la lutte de libération, parfois au prix d’attaques militaires, de sabotages économiques ou de lourds sacrifices.
L’afrophobie qui vise aujourd’hui des Nigérians, des Congolais, des Zimbabwéens ou d’autres ressortissants africains ne relève pas seulement d’un problème de sécurité ou d’immigration : elle révèle aussi une défaillance de l’éducation historique. Car sans la solidarité africaine, la lutte contre l’apartheid aurait été beaucoup plus longue, plus difficile et plus coûteuse. Ceux qui présentent les Africains du reste du continent comme des étrangers indésirables oublient que la démocratie sud-africaine est également le fruit de leur engagement, de leurs ressources et parfois de leur sang. Une nation qui oublie ceux qui l’ont aidée à se libérer risque de transformer la mémoire en injustice et la liberté en ingratitude.
Vidéo: NAIJA TV








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