Le 25 avril 2018, Habib Faye le génial bassiste a tiré sa révérence. Plus les années passent et plus son absence se fait sentir.Il a laissé pleins d’hériters, inspiré et influencé bon nombre de musiciens. Cependant, la plupart devenus des virtuoses, trouvent leur bonheur dans le circuit jazz et assistent, loin de leur pays, à la lente agonie de la musique sénégalaise. Peu, relèvent le défi qui lui permettrait de revenir à la vie et retrouver ses lettres de noblesse. À la décharge toutefois de ces instrumentistes doués et obnubilés par la recherche, il n’est pas évident de trouver un laboratoire tel que le Super Étoile.

Des courants jazz, be-bop, fusion, qu’il avait très tôt assimilés, aux sonorités traditionnelles et à l’afro, Habib Faye était un raffiné architecte au service de la musique.
Instrumentiste au long cours, Habib Faye a été à la fois un guitariste, claviériste, bassiste et surtout arrangeur de génie. Des courants jazz, qu’il avait très tôt assimilés, aux musiques traditionnelles en passant par l’afro-beat et au pop, Habib Faye était un architecte. Il savait surfer sur toutes ces sonorités pour enrichir le mbalakh de Youssou Ndour et par ricochet la musique sénégalaise.
C’est en cela qu’Habib Faye manque au paysage musical sénégalais et africain. Sa passion pour les musiques traditionnelles faisait de lui un musicien du terroir, un adepte de la rechercher et de l’expérimentation comme faisait Zawinul, le Xalam ou le Super Diamono. Le quotidien de l’arriste, c’était des experimentations continues.
Il avait un grand respect pour les musiques traditionnelles dont il disait qu’elles étaient d’une richesse inépuisable. Son dernier projet : sa basse et entouré de la batterie de Mokhtar Samba et du piano de Olivier Magarotto, mais surtout de la kora de Ablaye Cissoko, du ngoni de Moussa Kanouté, de la flûte de feu Ousmane Ba, du balafon de Djiby Diabaté, de la calebasse de Ibrahima Ndir et des voix de Goundo Cissoko, Yacine Mboup et Marianne, était titanesque.
Ce projet mettant en valeur les instruments traditionnels devait révolutionner la musique sénégalaise et apporter au jazz et à la World un souffle nouveau. J’en étais convaincu !
D’ailleurs, des partenaires et l’Institut Français n’avaient pas hésité à offrir à Habib et à ses compagnons la possibilité de jouer en OFF du festival de Jazz de Saint-Louis.
«Autour de Minuit» sur la scène de l’institut Français, était devenu le rendez-vous incontournable de Saint-Louis Jazz. 4 jours, 4 soirs, 4 concerts, 4 moments de rencontres, de bœufs et de dialogues. «Autour de Minuit» était le rendez-vous de tous les festivaliers mais également de toutes les vedettes programmées dans le IN du jour. Dommage qu’au décès de Habib, la plupart de ces partenaires, sans doute, refroidis par la disparition de la tête de gondole du «Autour de Minuit», se retirèrent…
Habib avait le don de mélanger les sonorités et de proposer une musique qui claquait. Aujourd’hui, il appartient à ses nombreux héritiers de poursuivre l’expérience. Ils en ont le talent ! Mais comme dit plus haut, il n’est pas facile de trouver un groupe comme le Super Etoile qui te permet de voyager, de croiser les pratiques et savoir-faire, d’avoir du succès et à la fois te fournir largement de quoi faire bouillir la marmite…(Ah, il faut bien vivre aussi !)
En tout cas, Habib Faye et Ablaye Cissoko, dés leurs premières scènes et l’annonce de la sortie de leur album, réçurent des propositions de tourneurs du monde entier. Si bien que, deux ans de tournées non stop furent acquis.
Malheureusement sitôt dans pipeline, qu’Habib quitta se bas monde. « Xalam démoon në bay néx…». Qu’est-ce qu’aurait donné ce projet si Habib avait survecu à la maladie ? En les regardant jouer certains soirs, Grammy passa…
Aujourd’hui encore, j’y repense et me demande si ça allait résister à la puissance technologique, à la musique beat maker, à l’IA. Mais connaissant le bonhomme j’en suis sûr, il aurait utiliser tous ces outils avec une intelligence et une finesse inouies afin de sortir, pour parler trivialement, des trucs de malades avec l’IA….et Lappa Diagne, la légende du Diamono se serait exclamait : «Kër gui» ! Ça c’est une autre histoire !

Habib Faye : « Les sonorités traditionnelles sénégalaises sont riches et inépuisables.»
Comme lorsque je soufflais à un ami, à la sortie du merveilleux « Eclairer Le Monde» de Youssou N’Dour: « Ho, si Habib était là pour accompagner Michael Ligue et Weedie Braimah…cet album aurait été encore plus merveilleux..» Ça, c’est une autre histoire. Repose en paix maestro !

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