Quatre mots. Un aveu. Une capitulation.Hier, Omar Artan, meilleur arbitre africain 2025, désigné par la FIFA, passeport diplomatique en règle, était refoulé à Miami sans explication.
Aujourd’hui, la FIFA a répondu. Officiellement. Par écrit. «La FIFA n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte.»
Voilà. C’est dit. L’organisation qui prétend gouverner le football mondial vient d’admettre qu’elle ne gouverne rien du tout dès que Washington décide autrement.
Trois ans pour sélectionner un arbitre. Trois secondes pour l’abandonner. Omar Artan devait devenir le premier Somalien à officier dans une Coupe du monde. Mais son rêve s’est brutalement arrêté à l’aéroport de Miami. Refoulé par les autorités américaines puis bloqué à Istanbul.
Omar Artan, lui, a eu la classe de déclarer qu’il était «dans un état d’esprit positif». La dignité de celui qu’on trahit sans même lui devoir d’excuses.
La vraie question n’est plus : pourquoi les États-Unis ont refoulé Omar Artan ? Dans un entretien accordé au New York Times, l’arbitre a souligné : « J’avais les bons papiers, j’avais le bon visa ! Je ne suis qu’un arbitre qui essaye de réaliser son plus grand rêve : aller à la Coupe du monde. Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays !»
Un épisode humiliant et lourd de sens à quelques jours du coup d’envoi du tournoi. La CAF, l’instance africaine ne dit rien.
La vraie question est : à quoi sert la FIFA si elle ne peut pas protéger ses propres arbitres sur le sol de son propre Mondial ?
Ce n’est plus seulement l’histoire d’un arbitre refoulé. C’est l’histoire d’une institution qui a vendu sa souveraineté pour un chèque.
Et pourtant, souvenez-vous. En 2018, la presse occidentale avait fait ses choux gras de problèmes inexistants en Russie. En 2022, elle avait prié pour le fiasco au Qatar. Des scandales annoncés à grand bruit. Des catastrophes promises. Des Mondiaux qui, sur le terrain, ont eu lieu, et qui ont été magnifiques.
Ici au pays des libertés, l’arbitre refoulé existe. Le visa rejeté est réel. Des athlètes fouillés publiquement comme de vulgaires passagers. L’aveu d’impuissance de la FIFA est écrit noir sur blanc.
Motus et bouche cousue. On cherche encore désespérément les grandes plumes indignées.








Laisser un commentaire