Sánchez plaide pour la fin du droit de veto et l’élection d’une femme à la tête de l’ONU

Depuis la tribune des Nations unies, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a plaidé en faveur de l’abolition du droit de véto colonial des Nations-Unies et a plaidé pour qu’une femme latino-américaine accède à la direction de l’organisation.

C’est un discours de rupture et de confrontation qu’a servi à l’Assemblée générale de l’ONU, Pedro Sánchez.

Pour le dirigeant espagnol, il faut en finir avec ce système international moribond, qui prétend défendre le droit tout en capitulant devant les rapports de force.

« Il a fallu des siècles à l’humanité pour remplacer la loi du plus fort par la primauté du droit, et nous ne devons pas être la génération qui fera marche arrière», a-t-il déclaré.

Selon Sánchez, le droit de veto est à revoir si l’on veut aller vers un monde plus équitable.

«Comment oser parler d’égalité souveraine des États quand cinq puissances s’arrogent un droit de veto qui paralyse le Conseil de sécurité et protège les agresseurs ?

Ce système, conçu en 1945 sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, n’est plus qu’un outil de préservation des intérêts impérialistes. Nous exigeons l’abolition de ce privilège obsolète et une refonte immédiate du système multilatéral. L’Afrique, en particulier, ne peut plus être séquestrée en marge des institutions qui décident du destin de la planète» a soutenu Sánchez.

Le chef du gouvernement espagnol a également vigoureusement défendu les principes du multilatéralisme attachés à l’ONU, contre les responsables politiques «qui veulent nous ramener à un sombre passé».

Sans citer personne, ce critique de Donald Trump a décrit des dirigeants qui «commencent par remettre en cause les règles, puis les enfreignent, en sachant pertinemment que personne n’osera leur demander des comptes».

«Ils réduisent leurs contributions aux organisations multilatérales comme celle-ci. Ils s’en prennent à leurs dirigeants et à leurs responsables. Ils entravent la capacité de ces organisations à agir, pour ensuite les décréter inutiles et affirmer que nous pouvons nous en passer», a poursuivi le dirigeant socialiste.

Face à cet assaut contre les institutions internationales, il a appelé au contraire à «renforcer» les organisations comme la Cour pénale internationale «afin qu’elles puissent enquêter, poursuivre et sanctionner ceux qui enfreignent les règles».

À propos de la Cour pénale internationale, Sánchez a dit son souhait de voir l’instance judiciaire frapper les coupables du génocide en cours en Palestine sans distinction. Réaffirmant ainsi la condamnation de l’Espagne.

Trés en verve, le Premier ministre espagnol, a lancé un poignant appel à la tribune, pour qu’une femme issue d’Amérique latine prenne la tête de l’institution onusienne.

«Comment une organisation qui prétend parler au nom de l’humanité tout entière peut-elle n’avoir jamais eu de femme à sa tête ? Comment pouvons-nous prétendre représenter tous les continents si, depuis trois décennies, nous n’avons pas permis au troisième continent le plus peuplé d’occuper cette fonction ?», a-t-il lancé depuis New York.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres arrive fin décembre au terme de son deuxième mandat de cinq ans. Quatre femmes et trois hommes briguent sa succession, dont plusieurs issus du continent sud-américain.

Selon une tradition géographique d’alternance entre continents, pas toujours respectée, l’Amérique latine revendique cette fois le poste.

«C’est une dette historique que nous devons solder. Et aujourd’hui plus que jamais, alors que le féminisme est attaqué, que des milliers de femmes sont victimes du machisme, de la violence et de la xénophobie, nous devons réaffirmer cet engagement», a insisté Pedro Sanchez devant l’Assemblée générale de l’ONU.

Il ne suffit plus de réformer l’ONU, il faut la refonder.

Sánchez plaide pour la fin du droit de veto et l’élection d’une femme à la tête de l’ONU, Information Afrique Kirinapost Save as PDF
Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *