À la découverte de Mame Younousse Dieng, la première romancière en langue wolof

Écrivaine, enseignante et traductrice, Mame Younousse Dieng est la première romancière wolof. Baabakar Wolof nous fait découvrir cette formidable pionnière. 

À la découverte de Mame Younousse Dieng, la première romancière en langue wolof, Information Afrique Kirinapost

Mame Younousse Dieng nous rappelle que notre langue est une force.

Tout a commencé à l’école pour Mame Younousse Dieng. Pour apprendre ses leçons, elle les traduisait d’abord en wolof. C’est ainsi qu’elle a commencé à écrire.

« Dès que je suis entrée à l’école, je traduisais tout ce qu’on m’apprenait. J’avais l’impression que si je ne le traduisais pas dans ma langue, je ne pourrais pas retenir le sens » raconte la femme de lettres.

Après ses études secondaires au Collège Ahmeth Fall de Saint-Louis, Mame Younousse Dieng se tourne vers l’enseignement et devient institutrice.

Après le décès de son mari, elle traverse une période de solitude.Elle ne pouvait pas sortir de chez elle parce qu’elle était en deuil.

Alors, elle a commencé à écrire. Elle avait beaucoup de choses à dire particulièrement sur la femme.

Elle se pose une question :

« Pourquoi ne pas écrire un livre de fiction en wolof puisqu’il y a des contes, des poèmes, … » Mais elle ne trouvait pas de roman. Alors, elle en a créé un en 1992. Aawo bi — La Première épouse considéré comme le premier roman en wolof au Sénégal.. Cinq ans plus tard paraît son roman en français, L’Ombre en feu : Conflits et Émancipation.

Mame Younousse Dieng est également à l’origine de la traduction en wolof de l’hymne national du Sénégal, réalisée en 1961.

Mame Younousse Dieng a aussi traduit Une si longue lettre de Mariama Bâ en collaboration avec Aram Faal. « Nous l’avons fait pour les langues nationales. »

Écrire dans sa langue. La transmettre. La faire vivre. C’était ça son combat.

« Je préfère le wolof puisque c’est plus facile.Quand j’écris en wolof, je ne cherche pas les mots, je ne consulte pas un dictionnaire pour voir le sens des mots.Mon inspiration coule de source et c’est facile pour moi. Et en plus je suis une wolof du Kayoor »

En 1961, Mamadou Dia, président du Conseil, en déplacement à Tivaouane et visite l’école primaire où elle enseigne. Mame Younousse Dieng fit la surprise de faire chanter l’hymne à ses élèves en wolof. A la suite de cette expérience inédite, Mamadou Dia prit les décisions de faire de cette traduction celle officielle de l’hymne national en wolof et de faire traduire l’hymne national dans toutes les langues nationales afin de l’enseigner dans les écoles dans les différentes langues.

Mame Younousse Dieng nous rappelle que notre langue est une force, notre culture une richesse et notre voix une responsabilité.

Génn na àdduna ci atum 2016.

Yal na ko sunu Boroom xaare guyaar

te fay ko ay jëfam yu màgg.

 

 

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