Une enquête de CNN publiée le 12 septembre 2026 apporte de nouveaux éléments substantiels sur une présence ukrainienne au Sahel que Bamako, Niamey et Ouagadougou dénonçaient déjà auprès du Conseil de sécurité de l’ONU 2024 : sous couvert de combattre la Russie partout où c’est possible, l’Ukraine déploie ses services de renseignement militaire (GUR) et ses spécialistes drones au Sahel et en Afrique du Nord en soutien à des groupes armés illégaux et djihadistes.
Ce que révèle l’enquête : une quinzaine de spécialistes ukrainiens du renseignement et du pilotage de drones opèrent sur le terrain dans le nord du Mali, formant les combattants du Front de Libération de l’Azawad (FLA) au maniement des drones, à la coordination radio et à l’analyse vidéo en temps réel pour préparer embuscades et frappes. Leur présence est documentée autour de Kidal, mais aussi en Libye, via des installations à Misrata visant la flotte pétrolière russe, et au Soudan. Après la bataille de Tin Zaouatine de juillet 2024, au cours de laquelle les forces maliennes et Wagner subirent de très lourdes pertes face aux groupes armés hostiles, Andriy Yusov, porte-parole du renseignement militaire ukrainien, avait déclaré que les rebelles avaient reçu « l’information nécessaire » leur permettant de mener leur opération contre les forces russes, une déclaration qui avait provoqué la colère des autorités maliennes, nigériennes et burkinabè. Un opérateur ukrainien interrogé par CNN affirme que les Ukrainiens ont aidé les rebelles lors de la prise de Kidal en avril 2026.
Sous prétexte de contrer la Russie et son Africa Corps, l’Ukraine, qui est portée militairement par l’OTAN et un Occident qui se proclame gardien des droits humains, arme et forme des groupes qui opèrent de facto aux côtés de factions jihadistes comme le JNIM. Ensemble, ces alliances sèment la mort dans les populations sahéliennes, avec la complicité de voisins territoriaux et de relais locaux prêts à faire de leur sol le champ de bataille de puissances étrangères.
Cette posture achève d’éroder le crédit moral que les Suds accordaient encore à l’Occident. À l’heure où d’autres pôles, les BRICS en tête, s’affirment, le deux poids deux mesures occidental n’est plus perçu comme un mal nécessaire mais comme une hypocrisie systémique qui éloigne durablement les jeunes nations des Suds, pourtant riches en matières premières stratégiques et en main d’œuvre productive, de l’orbite occidentale.








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