Zombie, l’hymne antimilitariste & intemporel signé Fela

En présentant sa playlist d’été sur X, l’ancien premier ministre français et figure emblématique de la diplomatie du début des années 2000, Dominique de Villepin, s’est arrêté sur Zombie le fameux morceau de la légende Fela Kuti.

Il est vraiment intéressant de voir un homme politique d’envergure comme Dominique de Villepin écouter un titre comme Zombie et en parler. Coup de com ou réelle volonté,  à travers cet hymne antimilitariste, de dénoncer la dictature et de parler de démocratie et de la liberté.

« Les grands crimes de l’histoire ont eu besoin de zombies. Fela Kuti leur oppose le plus haut des courages : le pouvoir de dire non. Non à l’ordre injuste, non à la force sans droit, non à la fatalité.»

En 1976, en pleine dictature militaire d’Olusegun Obasanjo, Féla Kuti et son compaire d’alors Tony Allen avec qui il avait l’afrobeat sort l’album Zombie.  Le titre qui donne son nom à l’album assimile les soldats de la junte à des morts-vivants, à des automates et robots qui marchent, tirent et tuent sans jamais penser.

Le morceau, dans la pure tradition afrobeat, melange de Highlife, jazz, funk, avec du chant, des percussions et des cuivres, met une claque monumentale au regime de Obasanjo. Zombie traverse l’Afrique et devient un hymne antimilitariste.

En représailles, la « République de Kalakuta la résidence de Fela, » est attaquée et incendiée en février 1977.

Un millier de soldats saccagent la maison du roi Fela, brûlent son studio et sèment une pagaille indescriptible. La mère de Fela, milante acharnée pour la cause des femmes, est jetée d’une fenêtre. Elle moura de ses blessures quelques temps plus tard.

Fela Kuti aurait pu se taire, s’exiler, renoncer commente Dominique de Villepin, mais Il a continué à chanter, parce que, si l’on peut brûler une maison, on ne brûle pas une chanson.

Alors écoutez Zombie. C’est la démonstration, en douze minutes de cuivres flamboyants, que la joie elle-même peut être une forme de résistance.

Fela séjourner plusieurs fois en prison sous Obensanjo, Buhari …des séjours qui inspireront à chaque fois l’artiste.

Aujourd’hui l’héritage de ce multi-instrumentiste et figure du panafricanisme surnommé le Black President est omniprésent musicalement et politiquement. « la musique est l’arme du futur ».

Fela Kuti voit le jour en 1938 au Nigeria, et très vite, son père, pasteur, l’initie au piano. Sa mère est institutrice et figure de la lutte contre le colonialisme. La vie de l’artiste est déjà en germe. En 1958, alors qu’il n’a que 20 ans, Fela Kuti s’envole poursuivre ses études à Londres ; mais contrairement aux envies de ses parents qui rêvaient de le voir, comme ses frères, poursuivre des études de médecine, il va étudier la musique au Trinity College of Music…on connaît la suite.

 

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