Le roi Pelé nous a quittés, l’Afrique perd un de ses dignes fils

Le roi Pelé est décédé a annoncé sa famille et son agent à l’Associated Press. Edson Arantès do Nascimento nous a quittés à l’âge de 82 ans emporté par le cancer du colon contre lequel il luttait. C’est une immense perte pour le monde du football mais pas que. La légende brésilienne n’est pas seulement le plus grand footballeur de l’histoire, il a été aussi la première figure noire planétaire.

Le roi Pelé nous a quittés, l’Afrique perd un de ses dignes fils, Information Afrique Kirinapost

Pelé, première icône planétaire noire

Buteur décisif en quarts face au pays de Galles (1-0) lors de la coupe du monde 1958 , puis auteur d’un triplé en demies face à la France (5-2) et d’un doublé en finale face à la Suède (5-2) à 17 ans et demi, seulement… Les deux syllabes universelles « Pe-lé » de son apelido (surnom en brésilien) étaient passées aussitôt dans le langage courant, sous toutes les latitudes comme le rappelle le magazine So Foot.

Un décret présidentiel le déclare: « trésor national non exportable »

« J’ai détesté m’appeler Pelé »avoua t-il. Enfant, on le surnomme « Dico ». Un jour, il encourage le gardien de l’équipe de football de son papa, un certain Bilé en écorchant en écorchant son nom, « Pilé ». Le surnom lui restera.Pelé commença dés lors à écrire sa légende.

L’attaquant intérieur gauche et meneur de jeu brésilien remportera deux autres coupes du monde: au Chili en 1962 et au Mexique en 1970. Il inventera des gestes et des dribbles uniques, marquera plus de 1200 buts, de la tête, du pied droit et du pied gauche. Spécialiste des balles arrêtées, coup-francs et penaltys, il en marqua un grand nombre. Pelé était un joueur complet. Puissance et rapidité du félin, élégance du cygne lui donnant l’air de planer sur ses adversaires, technique au dessus de la moyenne, buteur hors-pair, passeur de génie, charisme fou, Pelé n’avait pas d’égal. Depuis sa retraite, les spécialistes du foot épiloguent pour lui trouver de potentiels successeurs ou concurrents. Sans succès. Personne ne s’assoit à la table de Pelé pour parler comme l’autre.

Bien qu’il ne joua jamais dans un championnat européen, il participe avec son club de Santos à de nombreux tournois sur le vieux continent. Il prend part en 1960 et en 1961, au Tournoi de Paris, qu’il remporte au détriment du Racing et du Stade de Reims. Les offres des plus grands clubs européens – Real Madrid ou Milan AC – affluent. Tout le monde veut le joueur. Malheureusement pour le Real et autres grands clubs, le président Jânio Quadros sentant que le joyau pourrait partir monnayer ses talents ailleurs, décrète Pelé « trésor national non exportable. » Il devient un patrimoine brésilien.

Pelé, fils d’Afrique

Au Sénégal, les sportifs se souviennent du match entre la sélection du Cap-Vert (aujourd’hui région de Dakar) et le Santos Fc du roi Pelé un jour de mai 1967. Pelé, au sommet de son art est accompagné par les légendaires Coutinho et Edu. Ce jour-là, il étala tout son talent devant un public sénégalais conquis. Dés le coup d’envoi, il voit  Amady Thiam le gardien adverse un peu avancé et tente le lob du milieu de terrain. Ça passe juste à côté. Santos gagna le match 4-1, avec évidemment un but d’anthologie de Pelé qui trompa Thiam après avoir passé en revue toute la défense sénégalaise. Santos jouera la même année au Gabon et au Congo-Brazzaville et au Congo-Kinsasha.

L’année d’avant, plus précisément en janvier 1966, Pelé, double champion du monde des clubs avec Santos FC, devant Benfica et Penarol, joue un match d’exhibition au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.
 Santos et ses mythiques joueurs Gilmar, Coutinho, Pépé, affrontent le Stade d’Abidjan qui est battu par 7 buts à 1 avec deux buts de Pelé.
Le roi Pelé nous a quittés, l’Afrique perd un de ses dignes fils, Information Afrique Kirinapost

Pelé et son idole Larbi Ben Barek

Durant sa carrière, comme le souligne RFI, la superstar jouera à de nombreuses reprises en Afrique. Il y a cette série de trois parties du Brésil en Égypte face à la République arabe unie en 1960, durant laquelle il met un triplé à Alexandrie (victoire 3-1). Et il y a aussi cette venue triomphale en Algérie en 1965, avec un but à la clé lors d’un succès 3-0 face aux Fennecs, deux jours avant le renversement d’Ahmed Ben Bella.

Toujours au Sénégal et en Afrique, un nombre incalculable de joueurs comme l’international sénégalais Abdoulaye Diop portèrent le sobriquet de Pelé. Le plus célèbre d’entre eux est Abedi Pelé le Ghanéen. On compara Pelé à plusieurs grands joueurs du continent; Baba Yara le ghanéen mais aussi le marocain Larbi Ben Barek à propos duquel lui-même dira dira: « Si je suis le Roi, Larbi est dieu” avec humilité te il admirait le marocain. L’humilité était un de ses traits de caractère. Il respectait le jeu et ses acteurs.

En 1969, il a joué également au Nigeria. La légende veut que la terrible guerre du Biafra, qui a entraîné la mort de plus d’un million de personnes entre 1967 et 1970, se soit interrompue 48 heures pour cette rencontre durant laquelle le « Roi » inscrit un doublé (2-2).

Le roi Pelé nous a quittés, l’Afrique perd un de ses dignes fils, Information Afrique Kirinapost

« Chaque fois que je vois cette image se répandre dans les rues, je me souris et me souviens des messages d’amour que nous essayons toujours de transmettre à travers le sport. Merci pour tout Mohamed Ali»avait dit Pelé à la mort de la légende du Boxe

Beaucoup ont rapproché à la légende de n’avoir pas été aux premiers rangs sur les questions politiques ou problèmes de racisme. Il s’exprimait peu sur ces sujets, mais il croyait à la force du football et du sport pour unifier les gens. C’est pourquoi il prenait toujours part aux matchs caritatifs en faveur de la paix et en faveur des luttes contre le racisme. Avec Mohamed Ali, Bob Marley, ces autres premières icônes noires issues de la diaspora africaine, Pelé, à sa façon, a joué un rôle important dans le combat contre certains préjugés et stéréotypes. Son attachement au continent noir, il l’exprimait souvent.  D’ailleurs, une de ses dernières interventions publiques c’était pour magnifier le beau parcours du Maroc lors du Mondial Qatari.

 » Je ne pouvais manquer de féliciter le Maroc pour l’incroyable parcours. C’est super de voir l’Afrique briller » a dit de son lit d’hopital celui qui a toujours soutenu qu’une équipe du continent remportera le mondial d’ici peu.

Un délégué de la FIFA donne les numéros au pif… et Pelé reçoit le 10

Pelé mesurait 1,72 m pour 75 kilos et chaussait du 39. Rien de bien exceptionnel, mais tout était bien proportionné. Le physique idéal pour faire de la haute compétition. Le Brésilien était un athlète, un sportif et un compétiteur. Il n’était pas aussi philosophe qu’un Cruyff, presque content d’avoir perdu contre la RFA en 1974 ou plus épicurien qu’un Maradona surplombé par le succès jusqu’à se réfugier dans la drogue. Il respectait le jeu…son travail. C’était son destin depuis la naissance. Son père qui n’arrive pas à faire carrière en pro, dira à sa naissance:  » tu seras footballeur et tu seras roi ». Il le fera travailler sa technique et ses tirs. Il lui donnera une éducation solide lui permettant de vivre en société et surtout de faire face aux difficultés de la vie.

Le roi Pelé nous a quittés, l’Afrique perd un de ses dignes fils, Information Afrique Kirinapost

Le mythique numéro 10

 

C’est au Mexique en 1970, qu’il devient vraiment le roi. Le mondial mexicain étant le premier à être diffusé en direct et en couleur, Pelé marque les esprits. Au début de cette compétition, tous les yeux sont rivés sur ce joueur de 29 ans déjà vainqueur de deux coupes du monde. L’effet médiatique est immédiat. ll va épater la planète par ses dribbles, ses courses, ses buts et ses passes. Sa passe aveugle pour le but de son capitaine Carlos Alberto en finale contre l’Italie est encore dans les mémoires.

Le numéro 10 de Pelé est associé désormais au meneur de jeu, au distributeur du jeu et au technicien. La légende raconte que lors de la Coupe du monde 1958, Pelé porte le n°10 et le rend mythique. Un numéro obtenu par hasard : le Brésil oublie d’attribuer un numéro à ses 22 joueurs pour la compétition. Un délégué de la FIFA donne les numéros au pif et Pelé reçoit le 10. On connait la suite.

Depuis, tout génial joueur ou numéro 10 qui apparait sur la scène football est comparé à Pelé . Zico le Pelé blanc, Maradona, Ronaldo, Zidane, Messi, Christiano Ronaldo, Ronaldhino, Cruiyff, Platini, Neymar… Certains disent que Pelé a joué à une époque où les défenseurs étaient moins rigoureux ou les entraineurs étaient moins compétents. Ce qu’ils ne disent pas c’est que Pelé a joué à une période ou les joueurs offensifs étaient moins protégés, les tacles assassins ne récoltaient même pas de carton jaunes parfois. Pelé a joué à une période où il n’y avait pas systématiquement de jet-privé et une ribambelle de médecin, diététicien, préparateur physique, prêts à retaper le joueur après chaque match. Qu’aurait fait un Pelé joueur des années 2000 ? Peut-être qu’il marquerait 3000 buts ?

Neymar, le numéro 10 actuel de la Seleceao en réaction au décès de la légende, a publié ce magnifique témoignage qui résume parfaitement la carrière due l’illustre disparu.

« Avant Pelé, 10 n’était qu’un chiffre.
J’ai lu cette phrase quelque part, à un moment de ma vie.
Mais cette phrase, belle, est incomplète.
Je dirais avant Pelé le football était juste un sport.
Pelé a tout changé.
Il a transformé le football en art, en divertissement
Il a donné la voix aux pauvres, aux noirs et surtout :
A donné de la visibilité au Brésil.
Le football et le Brésil ont élevé leur statut grâce au roi !
Il est parti mais sa magie reste.
Pelé est POUR TOUJOURS !! »

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *