SOCCOOR…SOCCU… JUSQU’À COCCORGAL… PETITE BOTANIQUE URBAINE

 Ils nous rappellent que « l’écologie traditionnelle » est toujours là, et qu’ils perpétuent des « traditions » même si l’on peut constater facilement que leurs connaissances réelles des plantes a été supplantée par l’économie. Enfin, ils trouvent là un job… correspondant à la période de demande de leurs produits !

Et pourtant, Ils participent (malgré tout) pleinement au prolongement, et au maintien en vie d’une « tradition originelle » : se curer les dents avec un bout racine frais et parfumé nature, c’est-à-dire avec toutes ses vertus réelles ou supposées. Peu importe… une culture est une culture. Elle s’impose, car elle assure la pertinence de la résilience, en lui donnant toute son essence.

 

 

 

 

 

 

 

 

En tout cas le mois de ramadan est aussi un mois de traite pour ces jeunes vendeurs de soccu, qui déambulent avec leurs cartons remplis de bâtonnets… concurrençants les autres qui vous proposent des dates, des cafetières, des Thermos, des tasses…

Juteux ou pas, ils sont là et exposent leurs bâtonnets ou bûchettes, comme on faisait à l’école primaire. Elles semblent, ces bûchettes, jouer les mêmes rôles et les mêmes fonctions : l’apprentissage à compter et à calculer. Sauf que, dans ce cas ci, le client emporte la bûchette et le soccu kat empoche la piécette. Marché gré à gré… toujours satisfait !

Les prix varient en fonction de choses objectives et d’autres « subjectives » (c’est cela aussi la culture !) : de la tradition aux vertus aphrodisiaques, en passant par le blanchissement des dents, au renforcement de la gencive et à la régulation de l’haleine (weeru koor oblige!).

 

 

 

 

Vous avez donc le choix entre :

1- Une/un habetou es-sewda. Il semble que le prophète (PSL) utilisait la même essence pour se curer les dents : 100 fCfa…
2- Un Guro (Goro en pulaar) : 100 fcfa…
3- Un Mattum kewel (composite pulaar Wolof mattum de Matt et Kelli) : 50 fcfa…
4- Un Petit cola : 50 fcfa…
5- Un Daqqaar (Jabbe) : 25 fcfa…
6- Un Neb-neb (Gawdi) : 25 fcfa…
7- Un Sump (Murtooki) : 25 fcfa…

Prescription pharmaco-logique : 1 soccoor par jour jusqu’à la fin du Weeru koor…

 

Illustration :

1 – Carton de soccu « J’adore » déjà entamé, vendeur en repos sous le soleil,
2-3 – Pause de coupe et coupe sur le rebord du trottoir ! Face à un hôpital…
4- Etal de coccorde (pluriel de COCCORGAL) à l’intérieur de la cité universitaire… différence esthétique nette et sans aucune contestation possible…!sauf que le sac de riz qui sert de tapis est vraiment vide !
5-9- Processus de fabrication d’un soccoor prêt à l’usage séance tenante… (industrie artisanale de soccu)…
10- Ceci ne peut être ni soccu, ni coccorgal, ni soccoor… c’est un tronc figurant un visage… il vous arrive certainement de rencontrer un individu avec… carrément… une souche fortement coincée (enracinée même) à l’extrême commissure de sa bouche… marchant.. avec nonchalance et les bras croisés derrière le dos…
11- Sac papier biodégradable « Pharmacia Sacoor » (qui sonne saccoor ?).

PS : LE « GAL » DE « COCCORGAL » RAPPELE « LEGGAL, MATT » (LE BOIS) ESSENCE DE LA BROSSE-À-DENTS.

Merci à Aliou Kah ( qui s’est volontairement soumis à cette « FAST-TRACK ENQUÊTE ») qui s’approvisionne au Marché Syndicat de Pikine et qui revend sa « récolte » à l’intérieur de la cité universitaire…

Bonne fin de journée et excellent ndoggu…

 

Credit-photo :Abdarahmane Ngaide.
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