Le monde de la culture est en deuil avec la disparition de l’éminent conteur et poète Babacar Mbaye Ndaak. L’enfant de Nguuraane dans le Cayor et gardien des riches traditions sénégalaises, a tiré sa révérence.

Babacar Mbaye Ndaak, élégant et éloquent était un baobab de la culture. Repose en paix professeur.
Babacar Mbaye Ndaak s’en est allé sur la pointe des pieds avec la sobriété qui n’appartient qu’aux sages. Pour lui, si l’éducation met l’homme debout, c’est l’envergure de son âme qui lui ouvre les portes de l’histoire.
Aujourd’hui, le Sénégal ne pleure pas seulement un historien ; il pleure un carrefour culturel unique. Un espace rare où le wolof profond épousait un français limpide, avec une élégance dépourvue de toute vanité.
Le Gardien du Temps Suspendu
À Guédiawaye, le tumulte continue, mais les voix retiennent leur souffle à l’évocation de son nom. Il était un véritable Trésor Humain Vivant, un orfèvre qui ne ciselait pas l’or, mais la mémoire collective.
Près de lui, le temps semblait s’arrêter et le silence prenait un sens. Face aux esprits ignorants, il faisait naître un savoir éminemment poétique, transmettant le feu de la mémoire sans bruit, par la seule chaleur de sa présence.
Une Perte Immense à l’Heure des Bilans
Sa disparition survient à un moment charnière, une heure grave où le Sénégal cherche à se mirer dans son propre miroir.
Le pays s’active aujourd’hui à revisiter, recenser et inventorier tout son patrimoine culturel et immatériel. C’est à cet instant précis, où le besoin de savoir d’où nous venons pour comprendre où nous allons devient vital, que le guide s’en va.
Au moment où la nation ressent l’urgence absolue de se ressourcer et de capitaliser sur ses propres valeurs et richesses, elle perd son plus grand cartographe de la mémoire.
La Voix qui Demeure
Le Sénégal doit énormément à cet infatigable bâtisseur de ponts invisibles.
Il mérite que la nation tout entière lui rende un hommage à la juste valeur de son immense héritage.Certains hommes s’éteignent et laissent la nuit derrière eux.
Babacar Mbaye Ndaak appartient à ceux qui changent simplement de demeure pour habiter la lumière qu’ils ont semée.
Son absence laisse un vide immense dans le ciel des lettres et du patrimoine immatériel, mais sa parole demeure une boussole pour sa communauté et un phare pour les générations à venir.
Pour sa famille durement éprouvée, pour ses compagnons des mots et pour toute la communauté des arts et des lettres, l’heure est à la communion et à la gratitude d’avoir croisé son chemin. Yalla nako Yalla yërëm, xare ko Aljana Firdawsi.

Que L’Unique accueille Babacar Mbaye Ndaak, cet immense passeur de savoir au Paradis.
Que le Très-Haut, dans Son infinie miséricorde, élargisse sa tombe, l’illumine de Sa lumière et lui accorde le repos auprès des justes.
Inna Lillahi Wa Inna Ilayhi Raji’un.








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