Le 24 juillet 1999, disparaissait Eva de Vitray-Meyerovitch, passeuse de la pensée islamique en langue française

Il y a aujourd’hui vingt-sept ans (24 juillet 1999) disparaissait Eva de Vitray-Meyerovitch, islamologue, philosophe, traductrice et l’une des plus grandes passeuses de la pensée islamique en langue française.

Si le monde francophone a pu découvrir l’œuvre de l’ilmmense, Rûmî, il le doit à Eva de Vitray-Meyerovitch.

Née en 1909 dans une famille catholique, raconte l’éditeur Thomas Sibille, elle épouse en 1932 Lazare Meyerovitch, un Français d’origine juive. Rien ne semblait la destiner à devenir l’une des grandes figures francophones de l’islam. Sa découverte de la pensée de Muhammad Iqbal bouleverse son parcours. Désireuse de comprendre l’islam à sa source, elle apprend le persan puis l’arabe avant d’embrasser l’islam, au terme d’une profonde quête intellectuelle et spirituelle.

Elle traduit le Mathnawî de Jalâl ad-Dîn Rûmî, dont elle deviendra l’une des plus grandes spécialistes en Occident. Chercheuse au CNRS, enseignante à Al-Azhar et auteure de nombreux ouvrages, elle marquera durablement les études islamiques en langue française.

Mais Eva de Vitray-Meyerovitch ne fut pas seulement une intellectuelle rappelle toujours Thomas Sibille. Aux côtés du professeur Muhammad Hamidullah, elle participa à la création du Centre culturel musulman et s’investit également dans des actions sociales, prenant part avec lui à des maraudes auprès des plus démunis.

Lors du Séminaire de la pensée islamique de Béjaïa en 1974, elle déclarait avec humilité :

« Peut-être faut-il ainsi un expatriement, un décentrement spirituel pour prendre plus vivement conscience du trésor que recèle une culture. Je ne revendique donc, comme titre à votre indulgence, que d’avoir posé sur la vôtre un regard non habitué. »

Elle résumait ainsi l’essence de l’islam :

« L’Islam, dont la traduction littérale est “soumission”, se réfère non pas à un peuple comme le Judaïsme ou l’Hindouisme, ni à un fondateur comme le Christianisme ou le Bouddhisme, mais à une attitude de l’homme tout entier, qui s’en remet, se soumet, à la volonté divine. »

Eva de Vitray-Meyerovitch s’est éteinte le 24 juillet 1999, sa dépouille repose aujourd’hui à Konya, en Turquie, à proximité de celle de Rûmî, dont elle consacra sa vie à traduire et à transmettre l’œuvre.

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