LA LIBERTE SELON FREEDOM HOUSE. REGARD CRITIQUE NECESSAIRE.

Ze Belinga • Les acteurs autoritaires sont devenus plus audacieux en 2020, alors que les grandes démocraties se sont repliées sur elles-mêmes, contribuant à la 15e année consécutive de déclin de la liberté mondiale, selon Freedom in the World 2021 , l’évaluation annuelle pays par pays des droits politiques et les libertés civiles publiées aujourd’hui par l’ONG américaine. Freedom in the World 2021 constate que l’écart annuel entre les pertes et les gains s’est creusé en 2020, et moins d’un cinquième de la population mondiale vit désormais dans des pays entièrement libres. Le classement de l’ONG américaine nécessite un regard critique malgré son caractère utile.

Un classement qui ne manque pas d’intérêt mais qui ne devrait pas échapper à un regard critique. Le caractère individuel de l’indice tend à ignorer les effets sur les libertés d’actions ou stratégies non nationales: politiques d’ajustement structurels, gestion de la dette, libéralisations/privatisations, prédations globales sur les ressources locales avec leurs corrélats de violences et de corruption, politiques d’immigration ou supposée d’imposition au loin de certaines formes démocratiques, l’extractivisme, …

Les libertés se vivent localement, impliquent des acteurs locaux conscients de leurs actions, mais les contextes peuvent incorporer des facteurs géostratégiques régionaux, mondiaux. De plus les concepts même de liberté et de démocratie ne sont pas nécessairement partagés dans les contenus attendus par les populations, les sociétés, les cultures. Enfin un classement annuel sur les libertés risque de laisser entendre que les facteurs structurels à l’œuvre dans l’émancipation des populations sont annuels, …

Freedom House est une organisation non-gouvernementale (ONG) fondée en 1941, financée par le gouvernement américain et basée à Washington. Elle a pour mission d’étudie l’étendue de la démocratie dans le monde.

L’ONG s’est « opposé aux dictatures en Amérique centrale et au Chili, à l’apartheid en Afrique du Sud, à l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques, aux génocides en Bosnie et au Rwanda. Elle s’est fait le champion des droits des militants démocratiques, des croyants, des syndicalistes, des journalistes, et des acteurs des marchés libres » peut-on lire sur son site.

Toutefois en 2006, des médias révèlent que Freedom House reçoit des financements spécifiques du département d’État pour mener des activités clandestines en Iran. Cette affaire a un peu terni l’image de l’ONG comme en 1988 lorsqu’elle avait défendu les dictatures militaires au Salvador et au Guatemala

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