John Amanam, sculpteur de prothèses pour peaux noires

C’est une grande innovation. Les prothèses sont faites pour les peaux blanches et un homme a voulu penser au monde noir. Il est parti d’un constat: “Il y a de nombreuses prothèses pour les peaux blanches mais qu’en est-il des peaux noires ?”. Diplômé en beaux-arts et en arts industriels de l’Université d’Uyo, sculpteur de profession,  John Amanam a récemment lancé son entreprise de fabrication de prothèse hypo-réaliste pour les personnes de peaux noires qui ont perdu des parties de leur corps.

Tout part d’un drame, son cousin et grande source d’inspiration pour lui, perd ses doigts. Il se demanda alors, lui qui façonne et moule des corps en tant que sculpteur comment pouvait-il l’aider.

« J’ai façonné des êtres humains au cours de ma carrière. et je me suis dit pourquoi ne puis-je pas mouler quelque chose qui peut être implanté dans un corps humain? J’ai commencé mes recherches et grâce à Dieu et j’ai découvert de choses interessantes qui ont donné ces prothèses » explique John Amanam.

Quand il revient sur la genèse de son projet et les premiers moments du lancement de son entreprise, John évoque des difficultés énormes notamment financières.

« Je dirais que ce n’était pas facile. Je me souviens que j’ai dépensé beaucoup d’argent en faisant des recherches pendant de nombreux mois. J’ai échoué plusieurs fois jusqu’à ce que je sois complètement fauché.  » J’ai dû emprunter de l’argent à quelqu’un pour continuer la recherche. J’étais trop convaincu d’y arriver. » Ainsi parle John Amanam de son projet. Ce n’était pas facile de fabriquer ses prothèses.Cependant, il n’a pas abandonné. Convaincu, qu’il était, que le besoin était réel.

Du point de vue technique aussi, les difficultés apparaissent. Il doit se démener pour avoir des machines de qualités et quand il les a, il doit savoir les utiliser de façon optimale..

 J’ai commandé des machines qui n’ont pas été livrées à temps. Quand ils sont finalement arrivés, je ne pouvais pas les utiliser parce que c’étaient des machines très sensibles. Certains se sont même abîmés. Parfois, j’étais obligé de retourner au magasin d’achat pour demander des conseils sur comment les utiliser » explique le sculpteur.

Obstiné, John Amanam arrive à ses fins et ses efforts ont porté leurs fruits.  Aujourd’hui, il projette d’ouvrir une usine dans l’État d’Akwa Ibom, son village natal, d’où il fabriquera les prothèses en grande quantité pour le pays mais aussi pour des exportations vers d’autres pays du monde.

Dans une Afrique ravagée par les guerres ethniques, avec son lot de mutilations comme se fut en Sierra Leone et au Rwanda, sans oublier toutes ses victimes qui sautent sur des mines antipersonnel perdant leur jambes, ces prothèses de John Amanam sont pus que bienvenues.

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