CORDES ANCIENNES] JALI NYAMA SUSO au Falun Folk Music Festival, en Suède (1988)

Pour la petite histoire, en 1988, Jali Nyama Suso devait se produire à Kristinehallen (Salle de concert à Falun, Suède) dans le cadre du Falun Folk Music Festival mais le vol qu’il devait prendre avait accusé un grand retard; de ce fait il arriva à l’aéroport de Stockholm-Arlanda le jour même du spectacle (il devait arriver la veille).

Vu que Jali Nyama allait être aussi en retard pour le concert, les organisateurs lui avaient attribué, d’Arlanda à Falun (2 heures de trajet), une escorte policière digne d’un président afin qu’il puisse arriver le plus rapidement possible sur les lieux du concert. D’ailleurs, il en parle dans cette chanson. Ce qui est amusant et émouvant dans cette histoire, c’est que la foule a été tenue informée tout au long de son parcours pour se rendre à Falun et avait accepté de patienter sans protester.

Une fois arrivé sur les lieux du spectacle, le maître de la Kora avait reçu une standing ovation. Il y avait déjà une connexion forte entre Jali Nyama Suso et le public avant même qu’il n’ait commencé à jouer; ce qui est d’ailleurs perceptible dans cette vidéo. Un majestueux moment de musique !

De son vrai nom Mohamadu Lamin Suso, Jali Nyama Suso a la particularité d’être le premier joueur de kora à avoir bénéficié d’un rayonnement international.Il s’était aussi lancé dans la production radiophonique et était rapidement devenu un animateur de radio de renommée nationale. Le président gambien Sir Dawda Kairaba Jawara avait fait appel à lui pour l’arrangement de l’hymne national de la Gambie.

Il est le premier « korafola »(joueur de kora) à obtenir un poste de professeur titulaire dans l’importante Université de Washington. C’est à cette occasion qu’il a enregistré la musique de son premier album, « Gambie – l’art de la kora ». Dans les années 80, il a beaucoup tourné en Europe.

« Parmi tous ses enregistrements de musique traditionnelle du continent africain, le label OCORA de Radio France ne pouvait pas négliger de remettre à disposition cet album, dont la première édition CD remonte à 1996 mais qui, à l’origine, avait été publié en disque vinyle en 1972. Il avait alors fait grand bruit, puisqu’il s’agissait à l’époque, selon les notes liminaires du livret, de la « première publication mondiale d’un album de kora solo » (sic).

Les spécialistes objecteront que ce ne fut pas exactement le premier disque consacré à l’art soliste de cet instrument (le LP Lalo Kéba Dramé et sa kora lui est antérieur, puisque publié en 1967 sur un label de Dakar ; et il y a eu bien sûr Cordes anciennes en 1970, consacré toutefois à la tradition malienne), mais il fut plus sûrement celui qui a le premier bénéficié d’un rayonnement international », rapporte le journaliste Stéphane Fougère de Rythmes croisés.

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Mamadou Sekk est un passionné de culture et de musique africaine. Il est l'initiateur du Berger Des Arts (Gaynaako Ñeeñal) The Shepherd Of Arts et Festival Blues D'Afrique / Assoc. Le Berger Des Arts est dédié à la collecte, la conservation, la mise en valeur et l'interprétation des musiques du monde, sous-estimées ou en péril, qui ont contribué à la naissance du Blues afin d'éviter leur disparition.

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