Boubacar Boris Diop: « Les propositions constitutionnelles faites par PASTEF sont un pas significatif pour sortir de hyper-présidentialisme »

Les propositions constitutionnelles faites par PASTEF sont un pas significatif pour sortir de l’hyper-présidentialisme sénégalais, hérité de l’ancien colonisateur, pense l’écrivain Boubacar Boris Diop dans une interview fleuve accordée à IMPACT.SN.

Alors que le PASTEF, parti majoritaire à l’Assemblée nationale, entend lancer une série de réformes constitutionnelles, le débat sur leurs pertinences est sur la place publique. Pour Boubacar Boris Diop, la pertinence de ces propositions ne fait aucun doute, car elles émanent pour la plupart des discussions anciennes autour de la CNRI et des Assises Nationales. Selon Boris, elles vont dans le bon sens et peuvent favoriser le rééquilibrage des pouvoirs au Sénégal.

« Voilà par exemple des décennies que tout le monde critique à juste titre l’hyper-présidentialisme sénégalais, hérité de l’ancien colonisateur qui en a du reste une bien meilleure maîtrise. Il était en effet particulièrement malsain de voir l’Assemblée nationale se comporter en simple chambre d’enregistrement et l’envie d’en finir avec une situation où le Parlement obéit au doigt et à l’œil à l’Exécutif a servi de boussole aux Assises, à la CNRI et à d’autres initiatives similaires telles que le Sursaut Citoyen, dont je suis un membre pas très assidu. C’est pourquoi il nous a paru normal de publier le 28 juin dernier la tribune dite des 143 pour dire que les propositions constitutionnelles faites par Pastef sont un pas significatif dans cette direction et qu’il faut les adopter en restant bien conscient de la nécessité de les compléter. D’autres ont eu une lecture différente del la mienne. Je la comprends sans y souscrire» a soutenu l’intellectuel.

L’une des propositions phares des députés du PASTEF, fin juillet 2026, vise par exemple à encadrer strictement et réguler les « caisses noires », techniquement appelées fonds politiques ou fonds spéciaux, traditionnellement soustraits à tout contrôle public au Sénégal.

L’idée est de soumettre la gestion de ces enveloppes financières discrétionnaires à des mécanismes de contrôle et à des règles de transparence. C’est un vieux combat que la société civile et une franche importante de la classe politique ont toujours mené. La population sénégalaise,dans son ensemble, plébiscite également cette mesure.

 

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