Que ce prix soit aussi un cri : le Gazacide ne passera pas »

Rami Abou Jamous, correspondant d’Orient XXI à Gaza, a reçu le 19 mai 2026 à Lisbonne le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe — 31e édition d’un prix décerné depuis 1995 aux personnalités engagées pour les droits humains et la solidarité Nord-Sud. Nous reproduisons ici le discours qu’il a prononcé à cette occasion, dans lequel il rend hommage à toutes les victimes du « Gazacide ». Source: Orient XXI 

Que ce prix soit aussi un cri : le Gazacide ne passera pas », Information Afrique Kirinapost

Lisbonne, 19 mai 2026. Rami Abou Jamous recevant, en visio, le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe. L’organisation n’ayant pu garantir à Rami son retour à Gaza après la cérémonie, c’est Sarra Grira, rédactrice en chef d’Orient XXI, qui l’a représenté à Lisbonne.

Son discours est suivi de la vidéo de celui du président du Portugal, António José Seguro, qui, lors de la remise du prix, a longuement cité le Journal de bord de Gaza.

Monsieur le Président de la République portugaise,
Monsieur le Président de l’Assembleia da República — cette Maison de la démocratie,
Monsieur le Secrétaire d’État des affaires européennes
Monsieur le Vice-président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe,
Monsieur le Directeur de la coordination des programmes du Conseil de l’Europe,
Madame la Présidente par intérim du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions,
Excellences,
Chers collègues, chers amis,

C’est avec une profonde émotion et une immense humilité que je m’adresse à vous aujourd’hui. Je vous parle depuis Gaza. Depuis cette terre que le monde regarde mourir en direct. Depuis cette prison à ciel ouvert où l’on vit un Gazacide.

Oui, je dis bien un Gazacide.

Un génocide, c’est tuer un peuple. Mais ce que nous vivons, ce n’est pas seulement tuer un peuple. C’est tuer l’histoire. C’est tuer la terre. C’est tuer l’éducation, la santé, l’archéologie, le passé, même l’avenir — et surtout, c’est tuer l’humanité des Palestiniens.

faute de soins. Et rentrer ? C’est encore pire. L’occupation nous enferme. Nous isole. Nous étouffe.

Je vous parle depuis la Maison de la Presse — un établissement que j’ai contribué à créer avec plusieurs collègues journalistes, dont mon ami Bilal Jaddallah, malheureusement tué par l’armée d’occupation durant cette guerre. Cette maison est pour moi un lieu de mémoire, de travail et de résistance. Être présent avec vous, dans la Maison de la démocratie, aurait eu une portée profondément symbolique. Car cet endroit représente la rencontre entre l’histoire et le présent — entre la mémoire des luttes pour la liberté et les combats d’aujourd’hui pour la dignité humaine. Lire la Suite ICI

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