Les profits capitalistes dépendent du vol de notre avenir

Les capitalistes ont réussi à faire de l’avenir une source exploitable de richesses colossales, enrichissant quelques privilégiés aujourd’hui en imposant des dettes au plus grand nombre, tout en détériorant les milieux naturels indispensables à un avenir meilleur.

Les profits capitalistes dépendent du vol de notre avenir, Information Afrique Kirinapost

Les profits du capitalisme dépendent de plus en plus de l’exploitation anticipée des richesses futures, que ce soit en accablant les citoyens ordinaires de dettes ou en imposant de lourds coûts écologiques aux générations futures. (Dimas Ardian / Getty Images)

L’extrait suivant est tiré de *L’alibi du capital : comment nous avons détruit la Terre pour voler l’avenir au nom d’une promesse d’un monde meilleur* (Verso, 2026).

Notre époque est marquée par l’apparition de richesses extraordinaires dont l’origine semble impénétrable. Lorsque la société américaine Uber est entrée en bourse en 2019, le marché boursier a estimé sa valeur à 82 milliards de dollars, un chiffre colossal pour une entreprise de VTC créée dix ans plus tôt, qui ne possédait aucun véhicule et n’avait jamais réalisé de bénéfices. Pour expliquer de tels phénomènes, les médias ont souvent recours à des métaphores météorologiques, qualifiant les gains des investisseurs de « stratosphériques ». Comment expliquer autrement, par exemple, que les 5 millions de dollars que Goldman Sachs avait investis dans Uber en 2011 valaient désormais plus d’un demi-milliard de dollars, soit un rendement de plus de 1 000 % en huit ans ? Les commentateurs les plus critiques ont qualifié la valeur de l’entreprise de « tirée de nulle part ».

L’origine de cette manne providentielle n’a rien à voir avec la météo. Pour comprendre comment cet argent est gagné, il faut revenir sur Terre.

Si Uber constitue un cas extrême, la façon dont il acquiert une richesse indue est chose courante. Ce mode de fonctionnement est une caractéristique déterminante de notre mode de vie contemporain, une clé pour comprendre comment et pourquoi les mécanismes d’enrichissement et d’appauvrissement que nous appelons capitalisme ont vu le jour, et un indice permettant de saisir pourquoi nous sommes aujourd’hui confrontés à cette catastrophe qu’est l’effondrement climatique. L’entreprise a créé sa valeur en mettant en place un moyen concret de consommer l’avenir.

Les méthodes permettant de tirer des revenus de l’avenir existent depuis longtemps. Le dispositif utilisé par Uber, la société par actions, existe sous sa forme actuelle depuis plus de 150 ans. Les entreprises modernes détenues par des investisseurs ont d’abord proliféré en Occident au XIXe siècle pour construire des chemins de fer et autres infrastructures à grande échelle, de type terraformation, à forte intensité carbone et souvent de nature impérialiste, dont l’ampleur et la durabilité, généralement obtenues au prix de lourds sacrifices écologiques et humains, promettaient à leurs actionnaires l’accès à une richesse future sans effort. L’histoire des sociétés par actions remonte encore plus loin, aux compagnies de commerce armées que les marchands européens ont commencé à créer quelque trois siècles plus tôt pour conquérir le commerce mondial, ce qui leur a permis de coloniser des terres et d’asservir ou d’éliminer des peuples à travers le monde. Lire la Suite ICI

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