20MN DE FOLIE SUFFISE AU BONHEUR

Les Lions se sont qualifiés pour leur troisième finale de la CAN après avoir défait le Burkina Faso mercredi (3-1).

Une équipe du Burkina audacieuse, courageuse et volontaire qui a tenu tête aux poulains d’Aliou Cissé pendant plus d’une heure de jeu assez terne dans l’ensemble. Jusqu’á cette fameuse 71 ème minute ou le match s’est vraiment enflammé après l’ouverture du score d’Abdou Diallo consécutif á un corner mal négocié par une défense burkinabé qui visiblement commençait á accuser le coup de la fatigue. (1-0)

Quelques minutes plus tard, les Lions ont confirmé leur bonne lecture du jeu quand Sadio Mané après un pressing gagnant a débordé sur le côté gauche pour servir Bamba Dieng (Pas Gana) et permis aux Lions de s’envoler au score (2-0). Seul Ibrahim Blati Touré est parvenu à casser la dynamique sénégalaise en marquant du tibia/genou droit à la 82e minute. De quoi redonner espoir au Burkina Faso. Espoir très vite douché par Sadio Mané, qui a conclu une contre-attaque éclair par un tir piqué par-dessus le gardien (3-1).

Le Sénégal a gagné ce match en usant physiquement son adversaire et surtout en misant sur l’expérience de ses individualités. Et cela semble être la seule constante durant cette CAN qui le mènera peut-être á la victoire finale: la différence individuelle á défaut d’un collectif maitrisé et convaincant. Les Lions avec un virevoltant et intenable Sadio Mané avaient privilégié un jeu exclusivement sur les côtés avec ouverture d’espaces par les dribbles pour prendre á défaut l’arrière garde burkinabé. Surtout sur le flanc gauche où la relation Saliou Cissé- Sadio Mané en plus des obliques d’Abdou Diallo avaient constitué le point focal de l’attaque sénégalaise jusqu’á l’entrée d’Ismaila Sarr. Aliou Cissé alignant d’entrée encore une fois un milieu plus besogneux (sans Pape Gueye) que créatif qui aurait permis de prendre très tôt l’ascendant. Le trio Nampalys-Gana-Kouyaté si cher au sélectionneur, insipide a encore donner raison á tous ceux qui critiquent cet assemblage tactique incompréhensible du bien fondé de son existence. Bref, Aliou Cissé et ses certitudes ne surprennent plus. Même si elle n’est pas collectivement séduisante et convaincante, sa formation peut toujours compter sur une solidité défensive en bloc comme en individuel qui fait sa force. La paire Kalidou Koulibaly- Abdou Diallo dans l’axe rarement battu dans les duels est la rampe de lancement des attaques. A défaut d’un porteur de ballons digne de ce nom.

Aliou Cissé a construit son groupe autour de ses individualités sur lesquels il s’appuie pour élaborer un plan de jeu simpliste: une solidité défensive sans faille comme base et un réalisme offensif par inspiration ou par qualité individuelle.

Le seul hic pour cette formule est que dans un jour sans, quand la production offensive est inexistante ou ne suit pas, la pauvreté dans le jeu devient non seulement agaçante mais aussi frustrante. Ce qui était arrivé contre le Cameroun en 2017 et contre l’Algérie par deux fois en 2019.

Le pragmatisme nouveau du sélectionneur sénégalais dans ses choix est á la hauteur peut être de ses expériences précédentes. Qui sait? Toujours est-il que les puristes et adeptes du beau jeu devront déchanter et se résigner. Aliou Cissé a pour seule mission de gagner la CAN. La manière importe peu á ses yeux. Et pour bon nombre de sénégalais d’ailleurs. L’attente d’un éventuel sacre est passé par là et n’a trop que durer.

L’Inter d’Helinio Herrera avait dominé l’Europe par son catenaccio et les l’inspiration de Suarez devant , l’Argentine de Bilardo avait construit une armada défensive autour du génie de Maradona. Ce n’était pas beau á voir mais super efficace. Aliou Cissé et son Sadio Mané sont á un match , une inspiration et une accélération près de réussir un coup de maître.

Pourvu seulement que le 6 Février ne soit pas un jour sans.

Bonne chance aux Lions pour le dernier acte.

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