20 OCTOBRE 2011, L’OTAN ASSASSINE KADHAFI ET OFFRE DES MOYENS DÉMESURÉS AUX TERRORISTES EN AFRIQUE

Lequel OTAN dit lutter contre le terrorisme, pour la démocratie, venant « en aide » aux Africains…Après ce succès de la coalition démocratique, l’anarchie s’installe. Les Occidentaux fuient le désordre qu’ils ont contribué à créer. Du fait de l’insécurité générale, la production pétrolière s’effondre de 1,5 million de barils/jour en 2011 à 200 000 en 2014.

Le pays devient la proie de chefs de bande locaux qui tentent de s’approprier les ressources pétrolières ou spéculent sur le transit des migrants africains vers l’Europe.

Par ailleurs, les mercenaires africains de l’ancien dictateur, touaregs et autres, se replient vers le désert avec armes et bagages et ne tardent pas à déstabiliser les pays du Sahel, du Mali à la Centrafrique, obligeant la France à intervenir une nouvelle fois en catastrophe.

La chute de Kadhafi restera dans l’Histoire contemporaine comme l’un plus beaux exploits de Gribouille, ce héros de la comtesse de Ségur qui, pour échapper à la pluie, se jetait dans la rivière. Lire Herodote.net

20 octobre 2011 Kadhafi est tué par ses opposants et l’OTAN

(Herodote.net)

Après quatre décennies de pouvoir sans partage, le dictateur libyen Mouammar Kadhafi voit son autorité contestée par les habitants de Benghazi. La guerre civile s’installe.

Traqué par ses opposants, qui ont reçu l’appui des Occidentaux, le dictateur résiste à Syrte, avec le dernier carré de ses fidèle, jusqu’à ce qu’une attaque aérienne de l’OTAN frappe sa ville natale, le 20 octobre 2011.

En fuite et blessé, il est abattu par ses ennemis.

Pour la Libye, cette « libération » est le début d’un cauchemar aussi effroyable que la dictature antérieure, sinon davantage.

Les déboires du « printemps arabe »

Inspirés par l’exemple de la Tunisie, les peuples de l’Égypte, du Yémen, du Bahreïn, de la Syrie et de la Libye se sont soulevés à leur tour. Tandis que les Égyptiens ont pu chasser sans trop de mal le vieil autocrate Hosni Moubarak, il n’en a pas été de même des autres.

Au Bhareïn, petit émirat du Golfe à majorité chiite mais gouverné par un souverain sunnite, la contestation est sauvagement réprimée le 15 mars 2011 avec le concours de l’armée séoudienne.

En Syrie, où les minorités religieuses (chrétiens et Alaouites, musulmans apparentés aux chiites) appréhendent la dictature de la majorité sunnite, le gouvernement alaouite de Bachar El-Assad réprime la rébellion sans état d’âme, entraînant le pays dans le chaos (200 000 morts et plusieurs millions de personnes déplacées ou exilées).

Au Yémen, à la pointe de la péninsule arabique, des immolations par le feu, suivant l’exemple tunisien, débouchent sur de massives manifestations de rues. Le vieux président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, dont 21 à la tête du Yémen réunifié, quitte le pouvoir en février 2012. Son successeur, confronté à une rébellion chiite soutenue par l’Iran, doit s’enfuir en Arabie séoudite. Celle-ci engage aussitôt son armée au Yémen dans une guerre sans merci.

Rien de tel en Libye où une révolte éclate dès le 13 février 2011 à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque, province orientale rivale de la Tripolitaine, laquelle demeure grosso modo fidèle à Mouammar Kadhafi. Celui-ci déclenche une véritable guerre contre la rébellion en faisant appel à des mercenaires africains. En suivant la côte méditerranéenne, ses troupes envahissent la Cyrénaïque en multipliant les exactions contre les populations civiles.

Une intervention occidentale mal avisée à Benghazi

En France et à l’ONU, on s’alarme du risque que la population de Benghazi ne soit massacrée en cas de victoire des kadhafistes. Le président français Nicolas Sarkozy se laisse convaincre par l’intellectuel Bernard-Henri Lévy d’intervenir activement. Le 10 mars 2011, il reconnaît le gouvernement rebelle de Benghazi et, le 17 mars 2011, son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé convainc le Conseil de sécurité de l’ONU d’organiser une zone d’exclusion aérienne autour de la capitale de la Cyrénaïque. Ainsi est votée la résolution 1973.

En attendant que les avions de l’OTAN soient opérationnels, l’aviation française donne aussitôt la chasse aux colonnes blindées kadhafistes. Rapidement, l’OTAN déborde le cadre de la mission confiée par l’ONU et traque les kadhafistes jusqu’en Tripolitaine, permettant aux insurgés de lancer une contre-offensive laborieuse mais victorieuse.

La Russie, membre du Conseil de sécurité, qui a autorisé du bout des lèvres l’intervention en Libye, manifeste son irritation devant l’initiative de l’OTAN, qui outrepasse le cadre de sa mission. Ses représentants promettent – mais un peu tard – qu’on ne les y reprendra plus !

Au bout de plusieurs mois de combats indécis et au prix de quelques milliers de morts, les opposants s’emparent de Tripoli. Les Occidentaux rejettent le projet d’une exfiltration du dictateur et de son remplacement par un gouvernement de transition.

En désespoir de cause, Kadhafi quitte Syrte avec un convoi de plusieurs véhicules civils en direction du Niger. Avertis de sa fuite, les alliés disposent sur le parcours des miliciens de l’organisation rebelle Misrata. Des avions de l’OTAN se mettent en chasse du convoi et attaquent celui-ci. Le dictateur se réfugie dans une buse en béton. Il en est extrait par les miliciens de Misrata et sauvagement assassiné.

Fiasco

Après ce succès de la coalition démocratique, l’anarchie s’installe. Les Occidentaux fuient le désordre qu’ils ont contribué à créer. Du fait de l’insécurité générale, la production pétrolière s’effondre de 1,5 million de barils/jour en 2011 à 200 000 en 2014. Le pays devient la proie de chefs de bande locaux qui tentent de s’approprier les ressources pétrolières ou spéculent sur le transit des migrants africains vers l’Europe.

Par ailleurs, les mercenaires africains de l’ancien dictateur, touaregs et autres, se replient vers le désert avec armes et bagages et ne tardent pas à déstabiliser les pays du Sahel, du Mali à la Centrafrique, obligeant la France à intervenir une nouvelle fois en catastrophe.

La chute de Kadhafi restera dans l’Histoire contemporaine comme l’un plus beaux exploits de Gribouille, ce héros de la comtesse de Ségur qui, pour échapper à la pluie, se jetait dans la rivière.

Alban Dignat

Share

Martial Ze Belinga est un économiste et sociologue camerounais. Son travail porte spécifiquement sur l’épistémologie de l’histoire africaine, les préjugés et les silences qui biaisent la compréhension du passé de l’Afrique et des diasporas africaines. L'art et la culture tiennent une place centrale dans son travail. À ce titre il est l'auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels: "Au-delà de l’inculturation. De la valeur propositionnelle des cultures africaines". Pour l'économie, ses travaux ont beaucoup porté sur la monnaie notamment le FCFA. il est l'auteur entre autres de: "Afrique et mondialisation prédatrice". Expert associé au comité scientifique international de l’UNESCO pour l’Histoire générale de l’Afrique, Belinga est éditorialiste et avait lancé le site Afrikara dédié à l'histoire, la culture et l'avenir du monde noir. Il a été par ailleurs sélectionné parmi les 20 « Experts » représentatifs de la diversité (Club XXIe siècle, France)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.