Le romancier tanzanien Abdulrazak Gurnah, Nobel de littérature 2021

Le prix Nobel de littérature 2021 a été décerné, jeudi, à l’auteur tanzanien Abdulrazak Gurnah. Il est le premier auteur noir à recevoir la plus prestigieuse des récompenses littéraires depuis 1993 année où le prix fut décerné à la romancière Toni Morrison. Gurnah est le 5eme africain à recevoir le Nobel de littérature.

Abdulrazak Gurnah succède à la poète américaine Louise Glück, récompensée en 2020. Le romancier, né en 1948 sur l’île de Zanzibar, a publié dix romans dont « Près de la mer » en 2006, et des nouvelles. l’Académie suédoise a ainsi concrétisé sa volonté d’élargir ses horizons en remettant l’une des plus prestigieuses récompenses littéraires à un écrivain africain. Il faut dire que sur les 117 précédents lauréats en littérature depuis la création des prix en 1901, 95, plus de 80 %, sont des Européens ou des Nord-Américains. Avec le prix 2021, ils sont 102 hommes au palmarès pour 16 femmes.

Après le Nigérian Wole Soyinka en 1986, premier écrivain africain à obtenir le prix Nobel de littérature, le romancier égyptien Naguib Mahfuz en1988 et décédé en 2006 à l’âge de 94 ans, la militante anti-apartheid et écrivain sud-africain Nadine Gordimer en 1991 et décédée en 2014, à l’âge de 90 ans, le Sud-Africain John Maxwell Coetzee en 2003, Abdulrazak Gurnah est le 5eme africain à recevoir la prestigieuse récompense.

Gurnah, le Nobel 2021 est arrivé en Grande-Bretagne en tant que réfugié à la fin des années 1960. Entre 1980 et 1982, Abdulrazak Gurnah a enseigné à l’Université Bayero de Kano au Nigeria. Il vit aujourd’hui à Brighton et enseigne à l’université de Kent. Dans ses ouvrages, il a entre autres, raconté la vie des réfugiés, mettant en évidence notamment l’apport que ces personnes qui fuient leur pays ou leur continent d’origine peuvent apporter à leurs terres d’accueil. Son roman « Paradise » par exemple, un récit « empathique et sans compromis des effets du colonialisme et le destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents » a été plébiscité par le jury.

Alexandra Pringle rédactrice en chef à Bloomsbury, a déclaré que la victoire de Gurnah était pour elle une agréable surprise tant l’écrivain n’avait pas reçu auparavant la reconnaissance nécessaire.

« C’est l’un des plus grands écrivains africains vivants, et personne ne l’a jamais célébré à sa juste dimension. Ça me brisait le cœur qu’il ne reçoive pas la reconnaissance méritée. J’ai fait un podcast la semaine dernière dans lequel je disais que le talent de Gurnah était ignoré. Oui, Il a été ignoré. Aujourd’hui, la reconnaissance arrive et il obtient le prix Nobel » s’est-elle réjouie.

Pour Pringle, Gurnah est aussi important qu’un écrivain comme Chinua Achebe. La puissance de son travail mérite tous les honneurs.

« Abdulrazak Gurnah est un écrivain extraordinaire qui écrit sur des choses vraiment importantes. Ses écrits sont particulièrement beaux et graves, mais aussi humoristiques, gentils et sensibles » a-t-elle soutenu.

Sur les quelque 200 à 300 candidatures soumises bon an mal an à l’Académie, cinq sont retenues avant l’été. Les membres du jury sont chargés de les lire attentivement et discrètement avant le choix final peu avant l’annonce. Les délibérations restent secrètes pendant 50 ans.

 

 

 

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