De la nécessité de bien penser la « Maison du citoyen »

Dans son programme lors de la dernière élection présidentielle, le candidat Macky Sall avait souligné son ambition de créer dans chaque département du Sénégal, une « Maison du citoyen », une sorte de tiers-lieux dédiée à la digitalisation des procédures administratives pour mieux informer les populations des actions de son administration. Cette maison du citoyen si elle est bien pensée peut contribuer à régler plusieurs problèmes.

L’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) aurait en charge, le pilotage de l’initiative. J’ai été séduit par le projet, car travaillant de nombreuses années sur la question des espaces partagés, leurs impacts au sein d’un territoire.

Quoique heureux de constater des avancées dans ce projet, je continue à nourrir des interrogations sur sa finalité.

Ce projet « Maison du citoyen », s’il est pensé et mis en place dans une approche collaborative avec plusieurs parties prenantes, peut être un excellent outil de gouvernance partagée qui ancrerait le Sénégal dans le cercle des pays innovants en matière de gouvernance ouverte. Il pourrait d’ailleurs figurer comme un des engagements majeurs dans la rédaction du Plan d’Action Nationale (PAN) suite à notre adhésion au Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) en juillet 2018.

Mais pour que cela arrive, il ne faut surtout pas s’arrêter à la dimension technique du projet (ici, la digitalisation des procédures administratives). D’autres profils ( Makers, Gestionnaires de Fablab ou tiers-lieux, sociologues, maires des communes etc) doivent intervenir dans ce projet.

Car les tiers espaces ou maisons connectées, sont des lieux communs qui invitent à repenser nos modes d’organisation socio-économiques.

Ils peuvent s’investir de façon spontanée, éphémère, organisée ou pérenne ou bien encore à partir d’une intention collective tournée vers le bien commun. On y fabrique, des rêves, des outils, des concepts qui participent de la diversité dont nos sociétés ont besoin pour se renouveler et surtout répondre aux défis de la crise systémique.

À partir d’un simple projet, on peut voir loin et contribuer à régler plusieurs problèmes qui, en réalité, s’enchevêtrent et dont la solution réside dans le croisement de profils, de compétences pour penser un avenir commun.

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