JANVIER MOIS DES ASSASSINATS IMPERIALISTES : LUMUMBA, CABRAL, OLYMPIO, OUANDIE…

Archives Afrikara, Ze Belinga, extrait de « Janvier Mois des Assassinats Impérialistes : Lumumba, Cabral, Olympio, Ouandié… », publié le 22/01/2005.Texte ancien, des détails et aspects factuels discutables, mais probablement une lecture défendable de la séquence historique des années 1950 et 1970. 

Ze Belinga En janvier la volonté de puissance impérialiste se régénère, réinstalle son macabre programme, elle sait manipuler, intoxiquer, corrompre, ruser, elle sait aussi et surtout occire, abattre et raser la graine de nationaliste, les torrents de sang rythment son œuvre, petite. Le projet colonial et l’asservissement des peuples africains a toujours été une succession de violences, d’assassinats, de crimes crapuleux déguisés. Assassiner des leaders, des porte-voix, des figures emblématiques ce n’est pas faire disparaître une personnalité, c’est tuer l’espoir. C’est installer l’obscurité, l’obscurantisme. C’est changer la trajectoire de vie de millions d’âmes existantes et à venir. C’est corrompre le futur. En espérant que l’histoire servira à quelque chose…

17 janvier 1961 : Le leader Congolais Patrice Lumumba est assassiné

C’est le 31 mai 1960 qu’un certain Lumumba arrache les élections à la régulière et devient le premier ministre d’un des territoires africains aux richesses naturelles proverbiales, le Congo. Son patriotisme et son nationalisme gênent de plus en plus les Occidentaux qui ne voient dans ce territoire qu’occasions de profits et de prédation. La période est trouble et les Occidentaux savent attiser les dissensions ethniques et entretiennent la haine viscérale des politiques congolais du Katanga à l’endroit de Lumumba. Le Katanga est trop généreusement doté en cuivre et la tentation de la cession est aux portes du Congo, puis en son sein.

Des anciens combattants français d’Algérie, des mercenaires comme Bob Denard, conseillent le leader du Katanga Moïse Tshombé à qui sera confié la tâche d’éliminer sous la direction d’officiers belges le leader Lumumba arrêté par Mobutu avec la complicité des USA, de la Belgique, de la France et …de l’ONU. Crime impérialiste et sous-traitance ethnique.   

13 janvier 1963 : Assassinat du premier président élu du Togo, Sylvanus Olympio

Sylvanus Olympio a contre lui d’avoir défait au suffrage des électeurs le candidat pro-français de Foccart, le monsieur Afrique de la France de Gaulle à Mitterrand. Poussé par son élan nationaliste volontariste, Olympio tente de créer une monnaie nationale garantie par le Deutsch Mark, ce qui ne peut que plaire moyennement à la présence française. Ainsi lorsque le sergent-chef Etienne Eyadema, ancien tirailleur de l’armée française d’Algérie déclenche son coup d’état du 13 janvier 1963, il (?) réussit à assassiner Olympio qui essayait de regagner l’ambassade de France…déjà au courant de son arrivée…

Toujours est-il que le pouvoir qui s’installe à Lomé avec à sa tête Nicolas Grunitzky a la bénédiction de Paris avec qui des accords d’assistance militaire sont vite signés.

15 janvier 1971 : Le leader nationaliste de l’UPC est fusillé sur la place publique à Bafoussam

La répression française à l’endroit d’un des tous premiers partis politiques à avoir réclamé l’indépendance dépasse l’imagination et l’histoire n’a révélé que quelques bribes de ces massacres français. Les années 50, pourtant ceux de la signature par la France de la charte des droits de l’homme, sont des années de combats acharnés entre armées et groupes nationalistes et l’armée coloniale. Les troupes coloniales remportent l’affrontement et la rébellion, dans le maquis continue de se battre jusqu’au début de l’année 1970.

Ouandié, leader de l’UPC, parti créé par Ruben Um Nyobé, est arrêté, accusé d’avoir ourdi plus ou moins avec l’évêque Ndogmo de Nkongsamba une tentative d’assassinat dirigé contre la personne du président de la république. Exécuté sur la place publique à Bafoussam dans sa région natale de l’Ouest, il aurait semble-t-il lancé ce dernier cri avant de s’effondrer : Vive le Cameroun !

20 janvier 1973 : Amilcar Cabral est abattu par les troupes coloniales portugaises

Agronome et néanmoins éminent théoricien de la lutte de libération, Amilcar Cabral, né en Guinée-Bissau va faire vaciller la dictature portugaise dans tout l’espace lusophone d’Afrique de l’ouest. Sa production intellectuelle est prodigieuse, c’est un grand rassembleur d’hommes et de femmes. Le Portugal ne trouve pas les moyens pour réduire Cabral à la banalité. Quelques temps avant qu’il soit foudroyé par une rafale de balles au sortir de l’ambassade de Pologne à Conakry, Antonio Spinola le gouverneur militaire de Guinée-Bissau eut ses mots qui en disent long sur le commanditaire du crime : « Cabral est un homme qu’on ne peut ni acheter ni piéger. Pour l’avoir il faut le tuer. » Sans commentaires.

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