Thomas Sankara: pas d’alcool, pas de café, pas de cigarette

Thomas Sankara a sacrifié ses désirs pour la révolution, Dans cette interview accordée au journal Ivoire Dimanche le 14 juin 1987, le président Sankara revenait sur ces sacrifices. Très tôt, il s’est imposé une vie sans d’alcool, sans cigarette et sans excentricité.  À la tête du Faso, il n’a ni pris l’argent du contribuable pour se construire une luxueuse maison, ni acheté une luxueuse voiture. Il n’a rien laissé dernière lui qu’une bicyclette. Et il a fini par sacrifier sa propre personne pour le réveil des générations d’après. « Tuer Sankara, des milliers de Sankara naîtront » disait-il. 

Ivoire Dimanche : Buvez-vous ? Fumez-vous ?

Thomas Sankara : Je ne fume pas. Je bois de l’eau et du lait.

Ivoire Dimanche : Pas d’alcool ?

Thomas Sankara : Jamais d’alcool.

Ivoire Dimanche: Par principe révolutionnaire ou par dépit ?

Thomas Sankara : J’ai cessé de boire l’alcool à l’âge de huit ans. Depuis cet âge, j’ai pris la décision et je l’ai tenue. Je ne m’en porte pas moins bien pour autant.

Ivoire Dimanche: Déjà très tôt, vous vous êtes imposé des contraintes pour des lendemains meilleurs?

Thomas Sankara : (rires)… Oui, je me suis imposé des contraintes assez tôt. Et comme l’habitude est une seconde nature, je n’arrive plus à comprendre ceux qui courent après l’alcool. Peut-être qu’ils ne me comprennent pas, eux non plus.

Ivoire Dimanche: Comment situez-vous la révolution burkinabè dans l’immense panoplie des courants révolutionnaires existant à travers le monde ?

Thomas Sankara : La révolution est une composante du mouvement de l’humanité vers la transformation. Ce qui est une exigence scientifique et historique. Mais la révolution burkinabè tient aussi d’une variante de ce mouvement, avec ses spécificités et ses nuances.

Car il faut dire tout de suite que la révolution burkinabè n’est la copie d’aucune autre révolution. Certes, nous appliquons les principes scientifiques qui régissent toutes les révolutions. Mais la révolution burkinabè n’est pas la réplique des autres révolutions.

(Et) les révolutions à venir ne seront pas la copie de la burkinabè. Lénine disait : « Chacun ira à la révolution par la voie qui lui est appropriée ». Nous sommes dans la révolution par la voie qui est mieux adaptée à notre environnement et à notre sociologie. La Suite Ici: thomassankara.net/sankara-dit

Propos recueillis par D. Bailly le 14 juin 1987 et Publié dans le N°856 du 5 juillet 1987 de l’hebdomadaire Ivoire Dimanche

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