Le Mali a connu des attaques particulièrement violentes le week-end dernier. Des assauts coordonnés, menés à Kati, Gao, Sévaré et Kidal, ont été revendiqués par le FLA et le JNIM, faisant plusieurs morts et blessés. Au cours de cet acte barbare, le ministre de la défense Sadio Camara a perdu la vie. Deux jours de deuil décrétés ont été décrétés. Est-ce les prémisses de l’hiver noir qu’annoncait le président Traoré du Burkina Faso ?

C’est le Mali qui est attaqué mais c’est le Sahel tout entier qui est dans la ligne de mire de ces terroristes.
Samedi, le GSIM a revendiqué une série d’attaques coordonnées avec la rébellion touareg contre des positions stratégiques du pouvoir au Mali, en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du pays sahélien. Ces attaques ont causé la mort du général Sadio Camara et plongé le Mali dans l’incertitude.
Avec le décès du Général Cissé, le Mali perd un homme d’honneur. Les témoignages sont unanimes. Citoyen modèle, valeur sûre de l’armée et musulman d’une grande piété. La Oummah aussi perd un serviteur. Il a été bâtisseur de mosquées à travers le pays, a secouru l’orphelin et les déminus. Voilà l’homme que ceux qui se réclament de l’Islam ont tué.
Au sein de l’armée, les FAMA rendent de facon unanime à un général respecté et un leader admiré de ses hommes. Son nom restera gravé à jamais dans l’histoire.Qu’Allah lui fasse miséricorde et élargisse sa tombe et l’élève parmi les gens du Firdaws.
Dés les prochaines heures, le Mali devra choisir un successeur au Général Cissé car les terroristes ne respecteront aucun deuil s’ils ont la possibilité de frapper à nouveau. Dans le même temps, le Sahel tout entier est dans l’obligation d’unir ses forces afin de stopper ce banditisme à haut niveau et sans fin.
Suite à l’attaque de Samedi, les communiqués officiels, évoquent une riposte efficace, des assaillants neutralisés et une situation sous contrôle. Mais au-delà de la réaction, c’est la capacité d’anticipation qui interpelle. Comment des groupes armés peuvent-ils encore frapper des cibles aussi sensibles, parfois au cœur même du dispositif sécuritaire, sans être détectés en amont ?
La question du renseignement apparaît ici centrale comme le rappelle le journal Vox Sahel dans son Édito de la semaine. Dans un contexte de guerre asymétrique, où l’ennemi privilégie la surprise et la mobilité, la précision du renseignement est un levier déterminant souligne l’éditorialiste. Sans une connaissance fine des mouvements, des réseaux et des intentions adverses, les forces régulières restent condamnées à réagir plutôt qu’à prévenir. La première étape devrait être au moins des rencontres au sommet.
Nos chefs d’États, si prompts à singer la France, seraient bien inspirés de copier les sommets entre chefs d’États européens. Régulièrement, le président français déjeune ou dîne avec son homologue allemand, italien ou espagnol. C’est dans ces rencontres que se façonnent les devenirs.
Malheureusement, nos présidents se rendent plus souvent à Paris qu’ils ne visitent leurs propres voisins. Lorsque, en son temps, la crise Ebola a surgi par exemple, il aurait été utile que les chefs d’États Guinéen et Sénégalais se rencontrent.
La vérité est que nos pays ne se parlent pas, donc ne se connaissent pas. Le Sénégal traite le Mali comme si ce qu’il se passe là-bas, ne peut se passer que là-bas. Alors que ces bandits, indépendantistes le matin, terroristes le soir, comme les nomme le journaliste Thiambel Guimbayara, ne se fixent aucune limite. Ils sont à la solde du désordre et des puissances prédatrices de resources naturelles. Si le Mali tombait par extraordinaire dans leur escarcelle, ils poursuivraient à coup sûr, leurs routes vers les pays voisins.
Sur cette question des relations avec les voisins, le pouvoir Diomaye/Sonko est une vraie déception. Cette vague de gouvernements souverainistes dans le Sahel, devait favoriser un rapprochement. Finalement, qu’est-ce que leur souverainisme ont de commun ?
Dans un Sahel dirigé par des gouvernements panafricanistes et souverainistes, il ne devait pas y avoir de considérations « AES » ou « CEDEAO » lorsque un voisin est attaqué si violemment par des voyous. Certes, le président de la République du Sénégal a condamné les actes terroristes au Mali, ce qui est la moindre des choses, mais ce n’est pas assez. Nous sommes dans le même bateau. Réagir seulement ne suffit pas. Tout le Sahel doit passer d’une logique de réaction à une véritable culture de l’anticipation.
Qu’est-ce que le Sénégal a fait depuis 5 ans à part les sanctions de la CEDEAO ? Quelle est la doctrine du Sénégal sur ses voisins ? Il est vrai que la diplomatie n’aime pas le bruit et ne se fait pas sur la place publique. Toujours est-il que les populations ont besoin de visibilité quant à leur avenir. Si la mobilisation ne sonne pas, l’hiver noir dont parlait le président Burkinabé s’annoncera bientôt.
En attendant, les FAMA se battent avec bravoure et repoussent l’ennemi avec détermination. Le peuple malien dans son ensemble soutient son armée. Par endroit, les populations sont sorties pourchasser les tero-tero car l’enjeu est clair: la Transition propose la souveraineté et la quiétude, le terrorisme, le ko et la servitude. Le choix est vite fait ! Le Mali ne tombera pas !







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