Petites chroniques du #DakART2022

De petites chroniques pour partager mes visites, avec des points de vue bien sûr très subjectifs ; le goût étant fille de l’humeur, du lieu et de l’instant.

#01 (en cinq points)

a)- il est temps que le Sénégal ait une galerie nationale à la hauteur de ses ambitions visuelles. Celle-ci a presque 40 ans (quand la population du Sénégal n’était que de 8 millions d’habitants) et ne peut plus absorber et rendre la force de magnifiques propositions d’artistes tels que Soly Cissé.

Allez voir ça

b) dès que vous sortez de là, à une cinquantaine de mètres, la galerie Selebe-Yoon vous offre une sorte de rétrospective de l’oeuvre de #elsy . Magnifique lieu (un bâtiment colonial aménagé) et des oeuvres de très très haute facture ! Prêtez attention aux étiquettes à côté des oeuvres pour apprécier l’immensité de la maîtrise technique de « Alaaji » (comme l’appelait Joe Ouakam). Une vidéo archive montre d’ailleurs une performance avec les 2 artistes en Allemagne en 95

c) Au Palais de justice où est posée l’exposition internationale, je reste mitigé.

Je reviendrai sur les fortes propositions de la Zambienne Ntshepe Tsekere, de Adoulaye Ka, de Fally Séne Sow (un des rares qui est resté, avec les artistes chinois au Musée des Civilisations, dans l’esprit de « la forge ». Cette oeuvre méritait un prix. Si ce n’est LE prix.

d) Je n’ai pas compris le  « grand prix ». Peut-être parce que suis pour que, dans des compétitions dédiées à l’Art, qu’on arrête de primer ces auteurs qui ne sont du continent que le temps d’un événement où il y a une gloire à prendre. Le dernier Étalon à Ouaga et ce « grand prix » sont dans ce registre. Ils ont de grosses machines économiques derrière eux (ce qui est le rêve de tout auteur afin de se consacrer exclusivement à sa création). Ou qu’on change simplement la dénomination de ces événements pour être dans l’esprit et le lettre dans la ligne de « Cannes » ou des « Oscars ». Il n’y a aucun esprit d’exclusion dans mon propos

e) Abdoulaye Konaté: j’ai été très gêné par la scénographie ostentatoire de son travail.

« Cour Suprême » / « Le Maître » / un portrait qui ne rend pas la discrétion et l’humilité légendaire de l’homme. Du coup j’ai visité en courant d’air. En attendant d’y retourner

(à suivre)

© Papa Alioune Dieng exposition Colobane de l’artiste Fally Séne

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Auteur et Critique d'Art, Umar Sall est une figure connue du milieu culturel dakarois. Il s'intéresse à la richesse des langues traditionnelles. D'origine Pular, qu'il parle couramment, il a aussi une maitrise bluffante du walaf (À l'ecrit comme à l'orale). Umar Sall a une parfaite connaissance du fait culturel. Dés lors, ses analyses et ses reflexions sont pour le moins attendues. Retrouvez- les sur Kirinapost. À lire : Les Coquillages de la mort" Editions Broché – 2014

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