Migrants: Le défi « répressif » de Madrid passera t-il par Dakar ?

De nouvelles altercations entre migrants ont éclaté dans le camp de Las Raices dans la ville de Ténérife en Espagne. Les affrontements sont la conséquence directe des mauvaises conditions de vie dans le camp.Suffisant pour que La commission d’aide aux réfugiés (CEAR ) monte au créneau. C’est dans ce contexte que le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez entame une mini tournée en Afrique. Les deux étapes de son voyage seront l’ Angola et le Sénégal. Deux pays « prioritaires » pour la coopération économique, socio politique et culturelle selon Madrid.

8 blessés, 15 arrestations c’est le bilan des incidents survenus à Tenerife. Sous ce rapport, ils sont les plus graves de toute la crise migratoire, Les affrontements sont survenus dans la salle à manger du centre. Sont pointés du doigt, le manque de ressources et mais aussi et surtout la «réponse répressive» du gouvernement espagnol face aux problèmes des migrants. C’est la conviction de la CEAR, qui depuis 1979, travaille pour les réfugiés, les apatrides et les migrants en situation de vulnérabilité afin que leurs droits soient reconnus et respectés.

Pour Estrella Galan, Secrétaire Générale de la CEAR la situation des migrants dans les iles Canaries est d’autant plus préoccupante qu’elle touche des gens déjà à l’avenir incertain en tant que réfugiés.

« Les migrants sont dans ces camps depuis des semaines dans une précarité insoutenable et sans aucune possibilité de sortir. Cette situation qui touche des gens déjà à l’avenir incertain est une violation manifeste des droits humains » a dit la responsable avant de redouter qu’une vague de violences plus importante ne secoue les camps comme ce fut le cas dans les centres des îles grecques de Lesbos.

La recrudescence des flux migratoires sur les côtes ibériques est une patate chaude entre les mains des gouvernements européens et donc Espagnol aussi, surtout en cette période de pandémie de Covid-19. Pour la CEAR, il est inconcevable, que l’Espagne rejette les politiques de l’UE en matière d’émigration et les applique dans les iles Canaries.

Sur les 41861 immigrés clandestins arrivés en Espagne en provenance d’Afrique en 2020, les Sénégalais étaient le cinquième plus grand contingent. Sur les 3200 « sans papiers » qui ont débarqué aux îles Canaries cette année en cours , ils étaient le quatrième: 400 personnes. Le Sénégal est devenu une priorité de la politique d’immigration du gouvernement espagnol.

En inscrivant Dakar dans sa tournée africaine, le Chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez qui arrive jeudi dans la capitale sénégalaise en provenance de Luanda semble très préoccupé par la situation. À- t-il la bonne solution ? Va t-il, avec l’aide de Dakar, persister sur la déportation  et le tout répressif comme le craint la CEAR ?  En tout cas, Pedro Sánchez devrait signer avec le président Macky Sall qu’il va rencontrer, une déclaration commune afin de renforcer la coopération en matière de migration, un mémorandum sur la migration circulaire et un autre pour renforcer la coopération institutionnelle au service de la population vulnérable.

Le Chef de l’exécutif espagnol tient également à manifester son soutien au gouvernement sénégalais « élu démocratiquement » après les manifestations du mois dernier. Complaisance envers le Sénégal qui vient d’être épinglé pour son recul démocratique par le dernier rapport annuel de Freedom House, publié le 11 mars dernier ? Ou bien les affaires passent avant l’Etat de droit et les libertés ?

Au cours de son séjour au Sénégal, Sánchez visitera dans le port de Dakar le contingent de la Garde civile et de la police qui travaille avec le Sénégal dans la lutte contre l’immigration clandestine; contingent composé de cinquante agents, deux patrouilleurs et un hélicoptère. Il devrait réitérer son engagement en faveur d’une coopération étroite entre l’Espagne et le Sénégal dans la lutte contre les réseaux de trafic illégal et pour une migration ordonnée, sûre et régulière. Enfin, selon la presse espagnole, le Chef du gouvernement prendra part à Dakar à une rencontre avec des hommes d’affaires sénégalais. L’Espagne a-t-elle des visées sur le gaz et le pétrole du Sénégal ? De quelles affaires parle-t-on ?

Ajoutons que l’Espagne contribuera pour 50 millions d’euros à la mise en place d’une usine de déchets solides urbains, et d’une autre de 15 millions pour le développement de techniques d’irrigation au Sahel.

Pour clôturer son séjour le président visitera le nouveau siège de l’Institut Cervantes qui ouvrira ses portes à Dakar au second semestre de cette année, et qui, selon le gouvernement, représente un «jalon», car ce sera le premier en Afrique subsaharienne.

Une autre des vidéos publiées montre le couloir d’accès à l’infirmerie du camp avec des traces de sang qui, selon le rassemblement de soutien aux migrants de Ténérife, était une conséquence de la confrontation avec la police.

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