Melilla: Vaut mieux être un animal que d’être noir dans ce continent

« Un Sénégalais sur le sol marocain est traité comme un Marocain. Un Marocain sur le sol sénégalais est traité comme un Sénégalais « . Ce principe, les dirigeants du Maroc et du Sénégal n’ont jamais cessé de le rappeler au cours des décennies. Malheureusement, il est fortement remis en cause depuis que des vagues interminables de migrants, venant de tout le continent du reste, ont au fil des ans, pris d’assaut les villes marocaines pour tenter de rejoindre l’Europe. Le drame vendredi dernier dans l’enclave espagnole de Melilla au nord du royaume chérifien, vient de remettre la lumière sur le sort et la condition des migrants de ce continent dont on dit qu’il est immensément riche. 

vingt-sept personnes ont péri lors de la tentative de passage en force de près de 2 000 clandestins d’origine d’africaine à Melilla, selon un bilan actualisé publié samedi soir par les autorités locales marocaines. Dans la presse on parle de trente morts et même de 45 morts. Ce qui est sûr, le chiffre est sans cesse en hausse. C’est une énième gifle adressée aux dirigeants africains. L’avenir du monde est en Afrique, vous avez la jeunesse, vous avez les ressources naturelles, vous avez les réserves d’eau…tous ces prospectivistes optimistes doivent ajouter: vous avez aussi la pauvreté, l’injustice, le népotisme, la corruption, le totalitarisme et même le fascisme…le traitement qu’on inflige aux migrants est inhumain. Cela dure depuis trop longtemps !

En 2007, Guillaume Le Boedec dans la revue électronique EchoGéo, expliquait déjà comment la politique de fermeture menée par l’Union Européenne sans projet de développement des pays émetteurs, a conduit à des drames répétés.

Les assauts sur les grillages de Ceuta et Melilla à l’automne 2005 et le flux continu de migrants vers les îles Canaries en 2006 (+574% par rapport à 2005) ont, par leur surmédiatisation, défini une nouvelle perception du phénomène migratoire. Depuis le début des années 1990, le détroit de Gibraltar, marge naturelle de l’Europe, s’était affirmé comme le point nodal, la centralité, de l’immigration clandestine transméditerranéenne. Il capte et diffuse, depuis l’apparition de la frontière commune de l’Europe Schengen, toutes les évolutions juridiques et techniques mises en place par l’Union Européenne pour lutter contre les migrations illégales.

Véritable laboratoire de l’externalisation de la politique migratoire européenne et de la coopération maghrébine, le détroit de Gibraltar s’est imposé comme l’espace modèle de la « frontièrisation » de l’espace Schengen, mais aussi le symbole de son inefficacité. La réactivité des migrants et leur capacité à contourner les dispositifs européens soulignent l’impuissance d’une politique de fermeture menée sans projet de développement des pays émetteurs.

D’un autre côté, souligne l’économiste Martial Ze Belinga, la condition des migrants africains et dans le monde devrait conduire à une révision des idéologies triomphalistes tant des humanismes, que de la liberté heureuse des marchés, mais aussi de l’Afrique et des valeurs que ce continent s’attribue. Au fond, pense-t-il, les migrants habitent une violence sans commencement ni fin. Partis de territoires d’hostilités diverses, militaires, politiques, sociales, ethniques, … ils sont brutalisés et exploités tout au long de leurs parcours ensanglanté sans avoir d’espoir certain d’arriver à suspendre définitivement les coups, violences, viols, vols dont ils sont faits.

Rendre un continent aussi inhospitalier que des jeunes en masse en viennent à préférer leur propre esclavisation, le face à face avec les balles réelles ou la vente d’un organe, est le résultat de l’enfer que les sociétés peuvent représenter pour des franges importantes de leurs populations intimes. Le traitement inhumain réservé aux Noirs par les différentes polices est inacceptable, mais la violence première qui jette des milliers de jeunes sur les routes des trafiquants et des profiteurs est profondément coupable.

Le silence des autorités africaines sur le massacre de Melilia comme le qualifie Boubacar Seye d’Horizons Sans Frontières, est effarant. « C’est un massacre, il s’agit d’un génocide. Nous accusons les chefs d’Etat africains de crime contre cette jeunesse africaine » accuse le président de l’ ONG en conférence de presse. Ce silence n’est pas une surprise.

Pour seule réponse au péril jeune, ventres bedonnants, les dirigeants invitent à l’endurance et à la résilience ce terme qu’ils affectionnent tant. Oui Dieu est avec les endurants…en attendant, ces autorités, préfets de l’Hexagone, dilapident nos ressources corrompent la bourgeoisie et demandent au vil peuple de rêver en grands projets. Ils ont pour nom par exemple, TER, BRT, corniche à 18 Milliards FCFA et autres infrastructures de prestige alors que cette population si jeune a surtout besoin d’encadrement, d’écoles et d’hôpitaux. Cette jeunesse n’est pas un handicap, c’est une force. Malheureusement, les autorités préfèrent écouter ceux qui leur suggèrent de sortir des secteurs névralgiques comme l’éducation, la formation, l’agriculture, la culture, à défaut de pouvoir diminuer la population. Décidément, le célèbre humoriste Kouthia a raison: « Vaut mieux être un animal que d’être noir dans ce continent. »

Il est clair que les Chefs d’États étalent à la face du monde leur incompétence, leur faiblesse et leur illégitimité. On est en plein Inaptocratie dans le continent !  Le système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les gens les moins capables de gagner leur vie tandis que les gens productifs se voient voler le résultat de leurs productions pour entretenir des gens incapables de produire quoi que ce soit.

 

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