LES PERSONNALITÉS QUI FONT LA CASAMANCE (PART II)

Toujours dans ce mois dédié à la Casamance, Kirinapost vous propose cinq autres grandes figures de cette belle région du Sud.

Aline Sitoé Diatta

Née à Kabrousse vers 1920, Aline Sitoé est une résistante Sénégalaise et leader d’un mouvement de désobéissance civile dans les années 40 en Casamance. Révoltée par le système colonial, la jeune femme incite les populations à ne pas payer l’impôt et à abandonner la culture des arachides, voulue par les Français, au profit de celle du riz. Elle milite activement pour un retour à la culture des ancêtres. Son succès est rapide. La France, puissance occupante, sort de la deuxième guerre mondiale un peu affaiblie et ne sait pas trop comment contenir cette rébellion. Pour le peuple Diola, Aline est sa nouvelle reine. On dit même qu’elle a des pouvoirs surnaturels. Malgré tout, l’administration décide d’étouffer la rébellion et au cours de représailles contre le mouvement de l’activiste, une femme que les soldats prenait pour Aline est tuée. Ne voulant plus de mort, l’héroïne se rend de son propre chef. Elle est déportée en Gambie puis au Mali, où elle meurt des conséquences d’un mauvais traitement.

Cheikh Mahfouz Aïdara

Né en 1855 à Hoad en Mauritanie, Cheikh Mahfouz ould Cheikh Abba est un saint dont l’action a retenti dans toute la Casamance, où il vécut afin de propager l’Islam. Cheikh Mahfouz, neveu et disciple du guide spirituel Cheikhna Cheikh Saadbou, reçut une éducation solide dans les sciences islamiques, avant de prendre son bâton de pèlerin pour convertir les populations d’Afrique occidentale et tenter d’accomplir la mission qu’avait annoncée son grand père Cheikh Mohamed Fadel. Avant de fonder son village Darsalam Chérif (Casamance) en 1900, Cheikh Mahfouz rencontra au cours de ses pérégrinations africaines Almamy Samory Touré, Moussa Molo Baldé. Adepte de la non-violence, il réussit à implanter l’islam dans une terre que beaucoup jugeaient pratiquement imprenable. Fort de sa stratégie payante, Cheikh Mahfouze étendra son influence jusqu’au Mali, en passant par la Gambie et les deux Guinée. Cheikh Mahfouze repose depuis 1919 à Darsalam Chérif.

Touré Kunda

Groupe de musique qui vit le jour en Casamance en 1977 grâce à Amadou Touré, c’est en France que le succès arrive lorsque Ismaël, petit frère d’Amadou, s’y installe au début des années 80 avec Sixu (un autre frère). Amadou les rejoint à Paris mais la mort l’emporta assez tôt.  Ismaël et Sixu se retroussent les manches afin d’ assurer la pérennité de l’œuvre du grand frère. Touré Kunda, « famille Touré » en soninké, va littéralement exploser sur la scène musicale et médiatique. C’est le début de ce que l’on appelle dans les années 80 la World Music. Ils vont en devenir les pionniers. A leur actif, un peu moins d’une vingtaine d’albums, dont trois disques d’or consécutifs, les plus grandes salles du monde, et une renommée sans commune mesure. Touré Kunda chante entre autres en Wolof, Diola, Mandingue, Socé, créole et peulh… Toutes les langues de la verte Casamance. Leur musique est un mélange de sonorités traditionnelles de la région sud et de celles venues d’un peu partout en Afrique.

Djignabo

Djignabo Badji Bassène est un chef guerrier Diola qui résista à l’invasion coloniale. Réputé grand féticheur et fin stratège, il réussit à faire face aux colons avec brio. Djignabo Badji Bassène, attaqué à Sélékit, son village  jugé impénétrable, fut tué par balle en mai 1906 au cours d’un énième assaut de l’armée coloniale conduite par le capitaine Laqué. A sa mort, les habitants de Séléki cachèrent son jeune fils Sitayobo Bassène, âgé de 8 ans, dans l’île voisine de Eulubalir, pour éviter que le colon ne l’amena à Saint-Louis. Aujourd’hui, Djignabo Badji Bassène est un héros reconnu et le lycée de Ziguinchor porte d’ailleurs son nom.

Ankiling Diabone

Le judoka Ankiling Diabone est le sportif sénégalais le plus titré. Quinze fois champion du Sénégal, sept fois champions d’Afrique. Plusieurs tournois internationaux. Difficile de l’égaler. Sa carrière, c’est vingt-deux médailles d’or, dix médailles d’argent, troi de bronze, entre 1975, date de ses débuts, et 1990, où il met fin à sa carrière de sportif. L’histoire de Ankiling Diabone commence en 1975, lorsqu’il intègre le CNPS de Thiès pour devenir professeur d’éducation physique. Son professeur Madani Diakhte et l’un de ses camarades de chambre lui conseillent de s’essayer au Judo. Trois mois après ses débuts, Ankiling Diabone remporte son premier tournoi à Dakar. De retour à Thiès, le directeur du centre l’encourage et avertit tout le monde qu’un champion venait de naître. Il finit malgré tout sa formation de maître éducateur en sport, ce qui l’aidera beaucoup dans ses futures préparations. Diplôme en poche, il débarque à Dakar et est adoubé par maître Amara Dabo, du célèbre dojo Momar Dieng.

Aujourd’hui à la retraite, Diabone déplore le fait que le judo sénégalais n’arrive plus à produire des champions comme en son temps, même s’il se dit fier du parcours de Hortense Diedhiou.

 

Credits: musicaction.fr

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