Dans le rétro: Le chef-d’œuvre « Djola Kelle » d’Ismaël Lô

Le chef-d’œuvre « Djola Kelle » ou quand le Super Diamono, avec Ismaël Lô au chant, « mbalakhifiait» la musique mandingue. Nous sommes en 1983, les membres du Super Diamono, mythique groupe de Dakar, sortent deux cassettes dans les bacs – BAOL et CASAMANCE – composées de pépites musicales envoûtantes issues d’un univers bien à eux. On y retrouve de grands classiques du groupe tels que, entre autres, Xaraal, Diamono, Djola Kelle, Aduna, Coumba Xalis et Ndiawar. À cette époque, Omar Pène formait, sur le plan vocal, un duo de choc avec le « Bob Dylan africain », en l’occurrence Ismaël Lô.

Face au mbalax endiablé de Youssou N’Dour, il y a toujours eu le mbalax cool et afro-feeling du Super Diamono. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les musiciens du Super Diamono ne pouvaient pas produire un mbalax enflammé qui n’avait rien à envier à celui du Super Étoile. Ainsi quand les instrumentistes du Diamono – musiciens virtuoses de différents instruments et de différents styles – décidaient de servir un mbalax endiablé, ils n’y allaient pas avec le dos de la cuillère. Ils mettaient le feu aux poudres ! Ainsi, le morceau « Djola Kelle » – avec le légendaire Ismaël Lô au chant et à la guitare rythmique – en est une parfaite illustration.

Au Sénégal, quand on parle d’Ismaël Lô, la plupart des mélomanes se focalisent plus sur le chanteur à telle enseigne qu’ils oublient qu’Iso fait partie des meilleurs guitaristes rythmiques du pays.

Ainsi dès l’intro de la chanson « Djola Kelle », il donne le ton à l’accompagnement rythmique en plaquant les premiers accords d’un mordant mbalax irrésistible dont il soutient et organise l’harmonie tout au long de la chanson. Ainsi sur ce rythme d’Iso (Ismaël Lô), viennent agir en renfort la basse du légendaire Bob Sène et les nappes de claviers de l’excellent Mamadou Dieng (Pape Dieng Diengos). Et c’est à cet instant précis que les Sabar du talentueux Aziz Seck font leur entrée pour nous rappeler que le mbalax est une musique basée sur les percussions et nous laissent entraîner par l’irrésistible envie de se déhancher. Les instrumentistes virtuoses du Super Diamono de Dakar, tout feu tout flamme, nous servent ici un chef-d’œuvre mbalax où les voix d’Ismaël Lô, d’Omar Pène et d’Amadou Baye Diagne se mêlent agréablement et se répondent. À l’intensité de la guitare rythmique d’Iso, s’ajoute la frénésie des cuivres bien assurés par Jean-Alain Edgar, Ibou Konaté et Moustapha Fall. Les magnifiques harmonies de la guitare du maestro Lamine Faye sur le rythme endiablé de la batterie de Lappa confirment la réussite musicale de cette version mbalax de ce classique mandingue. Djola Kelle est un pur régal mbalax pour nos oreilles et nos jambes.

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Mamadou Sekk est un passionné de culture et de musique africaine. Il est l'initiateur du Berger Des Arts (Gaynaako Ñeeñal) The Shepherd Of Arts et Festival Blues D'Afrique / Assoc. Le Berger Des Arts est dédié à la collecte, la conservation, la mise en valeur et l'interprétation des musiques du monde, sous-estimées ou en péril, qui ont contribué à la naissance du Blues afin d'éviter leur disparition.

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