Plus de 80% des adultes de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés au chlordécone et un sur six dépasse le seuil de risque sanitaire, selon une étude de Santé publique France (SpF) publiée récemment. Elle confirme une persistance généralisée de ce pesticide plus de trente ans après son interdiction. Le procès des victimes contre l’État va en cassation.
Du début des années 1970 à 1993, les ouvriers des bananeraies martiniquaises et guadeloupéennes ont eu recours massivement à cet insecticide pour lutter contre un ravageur. Pourtant, dès 1979, l’OMS avertissait de la dangerosité de ce produit toxique, alors classé comme agent possiblement cancérogène.
Résultat : aujourd’hui encore, plus de 80 % des adultes de Martinique et de Guadeloupe sont contaminés à la chlordécone, d’après une étude de Santé Publique France dévoilée le 24 juin. Un sur six dépasserait même le seuil de risque sanitaire. Les terres agricoles, cours d’eau et le milieu marin sont aussi affectés puisque la substance peut rester dans les sols 600 ans.
En 2006, le dépôt des premières plaintes contre l’État pour empoisonnement et mise en danger de la vie d’autrui par des associations et syndicats antillais, ouvre l’affaire judiciaire. Cela a mené à l’ouverture d’une information judiciaire à Paris en 2008.
L’État français a été juridiquement reconnu responsable du scandale sanitaire du chlordécone aux Antilles (loi votée en juin 2026), mais la justice a confirmé un non-lieu pénal le 22 juin 2026, entraînant le pourvoi en cassation de plus de 500 parties civiles.
L’objectif : contester la confirmation du non-lieu dans ce scandale sanitaire secouant la Martinique et la Guadeloupe depuis plus de trois décennies.
Interrogé par l’AFP, Me Christophe Lèguevaques avocat des victimes, déplore que le non-lieu confirmé par la cour d’appel « repose tout entier sur l’idée qu’il serait « scientifiquement impossible » d’établir un lien de causalité individuel et certain » entre l’exposition à la chlordécone et les pathologies des victimes antillaises. Or, « dans les affaires de substances toxiques, exiger des victimes une preuve d’un lien de causalité individuel et certain revient à organiser l’impunité », dit-il.








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