La CEDEAO et l’AES se penchent sur leur avenir commun

La Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES) ont entamé à Dakar, des discussions formelles en vue d’un accord-cadre de coopération. Ces pourparlers qui font suite au retrait définitif du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO le 29 janvier 2025, vont se poursuivre dans plusieurs domaines.

La CEDEAO et l’AES se penchent sur leur avenir commun, Information Afrique Kirinapost

Les ministres des affaires étrangères de la CEDEAO et de l’AES

Seize mois après le premier cycle de consultations exploratoires qui s’était tenu en mai 2025 à Bamako, la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont retrouvées, le samedi 17 octobre 2026 à Dakar, pour un premier round de négociations, au niveau ministériel.

Avant la rencontre, la Confédération AES avait clairement défini trois priorités impératives devant guider sa démarche : la préservation de la souveraineté des États membres, la consolidation de la Confédération et la protection des intérêts des populations de l’AES.

Sous la coprésidence de Cheikh Niang chef de la diplomatie sénégalaise et président du Conseil des ministres de la CEDEAO et de Karamoko Jean-Marie Traoré son homologue du Burkina Faso, président du Comité Directeur ministériel de l’AES, les parties ont convenu de créer des groupes de travail conjoints pour examiner 18 domaines prioritaires (libre circulation, commerce, sécurité, etc.).

Par ailleurs, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté a été nommé négociateur en chef pour diriger les délégations de la CEDEAO.

Les deux parties, convaincues qu’elles ne peuvent faire l’économie d’un dialogue, à causes des questions transfontralières, des liens commerciaux et surtout des relations historiques, entendent être pragmatiques. Oui, les pays sont condamnés à vivre ensemble et les institutions aussi, si on veut un Sahel stable et prospère.

Le Sénégal, qui entretient des liens commerciaux très forts avec le Mali, ne peut s’arrêter à la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de réunir la grande CEDEAO à nouveau. Le Sénégal a intérêt au réchauffement. Dakar n’est pas seul dans ce cas. Le Bénin, dont le port de Cotonou subit encore les conséquences de la rupture avec le Niger,  souhaite trouver une plage de convergence. Même la Côte d’Ivoire, tête de pont de la ligne dure contre les trois sécessionnistes, semble désormais plus conciliante et plus pragmatique.

Les divergences politiques demeurent mais les intérêts économiques et les relations humaines sont incontournables.

 

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