L’histoire de Rokia Traoré, la résilience faite femme

Retour sur l’affaire dite Rokia Traoré la diva de la musique malienne. Problèmes familiaux à propos de la garde d’un de ses enfants, démêlées judiciaires, mandat d’arrêt européen. Mêmes si dans cette affaire beaucoup de choses restent à éclaircir, le traitement que l’artiste a subi durant cette période est incompréhensible. 

Cantatrice au talent sublime, héritière de la riche tradition mandingue du Mali, Rokia Traoré est une grande dame, un petit bout de femme forte, d’une résilience inouïe. Installée à Bamako avec ses deux enfants qu’elle élève seule, elle a bâti une carrière internationale par sa virtuosité musicale et la majesté de sa voix.

Mais, en 2019, tout a basculé. Le père de la fille que Rokia a mise au monde en 2015 à Bruxelles entame une procédure judiciaire pour « non présentation d’enfant ». Sur son insistance, les faits sont ensuite requalifiés en ces termes : « enlèvement, séquestration et prise d’otage ». Ce chef d’accusation mène à un mandat d’arrêt européen à l’encontre de Rokia Traoré assorti d’un signalement Interpol !

Une infernale machine judiciaire s’est alors mise en place pour maltraiter, humilier, détruire une mère africaine, celle de son propre enfant, vivant au Mali…dont lui, le géniteur blanc, influent directeur artistique en pleine ascension, réclame la garde en Belgique…Pour une petite fille de 4 ans qu’il connait à peine !

Un Tribunal malien avait pourtant, en toute logique, attribué la garde principale de l’enfant à sa mère au Mali où il est scolarisé. Cette décision de la justice malienne n’a jamais été considérée dans cette affaire.

Par contre, le Tribunal belge, pourtant censé agir dans « l’intérêt supérieur de l’enfant » ira même, dans un jugement non contradictoire, jusqu’à vouloir arracher un enfant à sa mère et déraciner une jeune fille aujourd’hui âgée de 11 ans de son vécu au Mali en lui attribuant une résidence principale en Belgique et en octroyant sa garde exclusive à son père !

Depuis plus de six ans, la vie de Rokia Traoré a été complètement bouleversée, brisée avec 4 gardes à vue et 8 mois et 13 jours de détention, et quelques sérieux problèmes de santé…à l’occasion desquels elle est emmenée menottes aux poignets jusque sur le lit d’un hôpital bruxellois ! Rokia Traoré a été traquée et arrêtée comme une dangereuse terroriste. Gardée à vue et jetée en prison sans même avoir pu s’expliquer devant un juge belge !

Quelles que soient la complexité du dossier et les éventuelles zones d’ombre dans cette affaire, il n’y a absolument rien qui puisse justifier un tel traitement si ce n’est une volonté acharnée de détruire une mère et de briser sa carrière artistique.

En 2025, Rokia Traoré a, malgré tout, trouvé la force d’écrire un ouvrage, « Je suis née libre » aux Éditions JC Lattès, dans lequel elle raconte cette « traversée », ces années d’acharnement judiciaire, de séparation de ses enfants, d’univers carcéral en France, en Italie et en Belgique…

Rokia écrit aussi pour porter la voix de ces milliers de femmes anonymes qui subissent, ici et là-bas, l’injustice au quotidien dans un amer cocktail mal dosé de déni de droit, de privilège blanc, de masculinisme renaissant et de racisme toujours bien présent… C’est l’histoire d’une terrible injustice qui réunit ces détestables ingrédients.

Et, dans leur majorité, les médias et des journalistes (blancs…) ont eu une tendance lourde, sans faire le travail de recherche de la vérité qui devrait être celui de tout journaliste qui se respecte, à reprendre docilement le narratif criminogène de la justice belge et les arguments du plaignant…blanc.

Malgré ce qu’elle a eu à subir durant six longues années de détresse et de lynchage, condamnée récemment en Belgique à deux ans de prison (avec sursis pour le reste de la peine…) et dans l’attente du résultat du procès en appel, Rokia est enfin remontée sur scène, en juillet dernier, au Cabaret Sauvage de Paris, pour le plus grand bonheur de son public, lors d’un concert mémorable.

Et elle est revenue en Belgique cet été, en paix. Pour retrouver la scène du mythique festival Esperanzah sur le site l’abbaye de Floreffe. Le dimanche 2 août 2026, Rokia a pu, pour la première fois, rencontrés quelques journalistes belges. Le récit livré le dimanche par Rokia est insoutenable. Un moment de vérité plein d’émotions fortes et de fulgurante indignation. (disponible sur YouTube Creative Africa Channel 25)

LA PAROLE DE ROKIA 1

LA PAROLE DE ROKIA 2

LA PAROLE DE ROKIA 3

Mais Rokia doit continuer à faire face à de nouvelles manœuvres toxiques destinées à présent à tenter de briser sa carrière musicale. En Belgique, la dernière salve est venue des autorités locales de Floreffe…qui voulaient contester (en mode « auxiliaire judiciaire » ???) la venue de Rokia pour se produire sur le territoire de la commune !

Quelques jours avant le festival, le conseil communal de Floreffe s’est fendu d’un « communiqué de presse de mise au point » pour protester contre la présence de Rokia. Le communiqué qui stigmatise au passage le Mali, qualifié de « pays autoritaire », prétend, de manière aussi péremptoire que malveillante, que Rokia Traoré serait un personnage qui ne respecte en rien son pays d’accueil (où elle n’a pourtant jamais résidé durablement…) parce qu’elle a l’outrecuidance de simplement faire valoir sa vérité sur les faits et les traitements subis.

Et, ces « bienveillantes » autorités locales de conclure par un bon petit poncif eurocentré (fort malvenu dans le cas d’espèce…) sur « l’institution judiciaire belge qui est un pilier de notre démocratie ». Un exercice de communication politique stigmatisant de plus en plus répandu dans nos contrées occidentales où le racisme se dévoile, décomplexé… Avec des relents de plus en plus inquiétants de suprémacisme et de masculinisme qui font bon ménage dans une Europe qui se « droitise » dangereusement. Même sa Justice ? Le pilier de notre démocratie. LOL.

 

 

 

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