Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il revient sur l’anniversaire de son fils Walid, son diplôme de fin d’année et les raisons pour lesquelles il n’a pas voulu quitter Gaza.

Gaza-ville, juillet 2026. Rami et Walid Abou Jamous lors de la cérémonie de remise de diplôme de fin d’année.
Rami Abou Jamous. Le samedi 1er août, Walid a fêté ses cinq ans. Cette fois-ci, on a pu lui offrir un gâteau. Pas le meilleur du monde, mais c’était quand même un gâteau. Pas comme l’année dernière, où il n’y avait ni sucre ni chocolat. C’était la période où il n’y avait rien du tout à Gaza, où tout était interdit à l’importation. Je me rappelle très bien comment Sabah avait confectionné une sorte de makloubeh1 avec du riz, qui ressemblait un peu à un gâteau. Il n’y avait pas de bougie, c’était interdit à l’époque. On avait juste allumé un petit morceau de bois. Il y avait seulement Sabah, moi, le petit Ramzi et Walid. Cette année, la joie de Walid a été différente. Il y avait un vrai gâteau, des bougies et deux de ses amis. Et surtout il a compris ce que signifie un anniversaire, ce que c’est avoir cinq ans. Cette année, à l’école, il a commencé à compter, à écrire et à s’exprimer.
Justement, il y a trois semaines, c’était sa remise de diplôme de fin d’année. L’école a organisé une fête pour les élèves. C’est l’une des rares écoles qui fonctionnent encore à Gaza. Ses bâtiments ont été détruits. Ses dirigeants ont retapé la villa endommagée d’un homme d’affaires qui a quitté Gaza. La cérémonie avait lieu dans la cour de l’université Al-Azhar, l’une des plus importantes de Gaza. Elle aussi a été en partie détruite par les Israéliens, mais une estrade avait été dressée, avec un écran géant, devant une aile demeurée plus ou moins intacte, où des cours ont repris.








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