La différence entre un homme d’État et un politicien aux abois tient en un mot : la légitimité.
Des figures comme Abdou Diouf ou Alpha Oumar Konaré ont rejoint les instances internationales portées par un consensus national et le respect unanime de leurs pairs. Ils n’ont jamais eu besoin de parrainages étrangers par procuration, ni d’intrigues de coulisses pour exister.
La République n’est pas un marchepied pour une reconversion dorée : on ne saurait prétendre soigner les maux du monde avec des mains ayant camouflé la faillite de leur propre nation.
La question est alors simple : cette frénésie pouvoiriste qui agite Macky Sall relève-t-elle d’une ambition pour l’Afrique ou d’une fuite en avant pour échapper à l’inventaire national ?
Le monde n’est pas une blanchisserie pour bilans maculés. On ne mendie pas un destin mondial sur les décombres d’une confiance nationale trahie. Le costume d’homme d’État ne se taille pas dans le tissu des arrangements occultes ; il se mérite d’abord chez soi. Ici, la fuite n’est pas une diplomatie, c’est un aveu.
Macky Sall peut bien briguer un siège ailleurs, il n’emportera avec lui que le poids de ses silences et l’ombre de ses échecs. Car au bout du chemin, le prestige ne s’achète pas à New York quand on a laissé son honneur à Dakar. On peut fuir un bilan, on n’échappe jamais à sa propre trace. La diplomatie n’est pas un exil doré, mais le miroir d’une intégrité : soit on sert, soit on se sert.
L’histoire a déjà choisi son camp, et elle finit toujours par présenter l’addition.








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