19 Septembre 2002, la délation ou la guerre de revendication 

La crise de succession après la mort d’Houphouët-Boigny, donne naissance à une mésintelligence entre ses héritiers Bedié, Ouattara et dans une moindre mesure Gbagbo. Elle va conduire le pays au bord du précipice et entrainer une guerre civile sans précédent.

Incertitudes et troubles, l’après d’Houphouët vire au tragique.  Une situation politicarde en toile de fond l’ivoirité, la gabegie et la distocratie, emmenèrent les militaires avec leur tête le général Robert Guéï, à déposer « le petit Houphouët », Henry Konan Bédié en 1999.

« Arrivé comme un sauveur, il est reparti comme un voleur « sont-là les quelques diatribes que lance le reggaeman Tiken Jah Fakoly au général putschiste.

L’espoir du balayage se mua très tôt en un méli-mélo institutionnel, écartant ainsi les houphouetistes Alassane Ouattara et HKB lors des scrutins d’octobre 2000.

L’affaire dite «du cheval blanc», une attaque contre le domicile du chef de l’État d’alors le général Robert Gueï, en septembre 2000, en est une conséquence directe. Cette attaque provoque l’arrestation de nombreux militaires de sa garde rapprochée. Certains ont été tués, d’autres torturés, beaucoup partirent en exil.

L’élection présidentielle eut lieu finalement. Le « général balayeur » et l’opposant historique, Laurent Ggbagbo revendiqueront la victoire.

Laurent Gbagbo sentant sa victoire proche, appelle ses partisans à descendre dans les rues. Face à cette pression, le Général capitule et Laurent Gbagbo est investi le 26 octobre 2000.

Mais son investiture fut contestée pendant de nombreuses semaines. En représailles, l’armée fera une descente musclée le 27 octobre 2000 à Yopougon (une commune d’Abidjan).

L’on aurait découvert, cinquante-sept corps dans un terrain vague. Une enquête internationale a révélé le caractère ethniciste et politique de ce massacre.

Comme une sentence, celui qui avait accédé au pouvoir dans des conditions calamiteuses, se voyait pris dans le tourbillon des tentatives de coups d’État. Dès Janvier 2001, on assiste à ce que l’histoire retiendra comme  »le complot de la Mercedes noire ».

Seulement, ce n’était qu’un avertissement

Le pire était à venir. Et ce pire commença dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, avec un coup d’État, qui se transforma vite en une rébellion armée. Les putschistes devenus rebelles, prennent Bouaké le centre du pays, partitionnant ainsi le territoire national.

Le général Guéï est assassiné et Alassane Ouattara y échappe belle en escaladant la clôture de sa résidence. J’étais enfant, élève à l’école primaire de Tieningboué mon village natal, centre Nord-ouest du pays. Venu chez ma mère à Bouaké pendant les vacances. Je dû me réveiller à une heure inhabituelle.

3h du matin, les bruits assourdissant des armes dont je n’avais eu connaissance que dans les films avaient remplacé l’appel du muezzin ce jour-là. Ma mère était à Abidjan pour achat. J’eus peur de ne plus la revoir pour la première fois. Finalement elle rentra saine et sauve. Mais elle perdit ses marchandises…

Cela fait maintenant 19ans, et l’on sent toujours que tout peut basculer en une fraction de seconde. Certains le souhaitent d’ailleurs hélas au prix des calculs politiqueux.

Pourtant, l’expérience depuis la mort du « vieux Houphouët », l’a suffisamment démontrée; les manœuvres de déstabilisation des institutions de la république peuvent déboucher sur des cycles de violences politiques interminables.

Avec l’APO ( accord politique de Ouagadougou Burkina Faso 2007), Un vent nouveau soufflait le pays, un vent d’espoir. Les ivoiriens coupés entre zones Force nouvelle et gouvernementale, se retrouvèrent et se parlèrent à nouveau.

Mais cette détente, sera hélas freinée en 2010, aboutissant à ce que tu sais cher lecteur. Les crises ivoiriennes ont fait des victimes sans bourreaux chaque camp rejetant la faute sur l’autre, drôles sont nos crises n’est ce pas ?

On espère tourner la page de ce cycle infernal avec le retrait des trois grands. Et voir un jour les fils et les filles du pays chanter à l’unisson l’hymne de la fraternité retrouvée, de la Paix.

 

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Aslam ibn Abass, de son vrai nom Kamagaté Abass est de nationalité ivoirienne. Géographe de formation, il se présente comme un critique et un analyste. C'est fort de cela qu'il s'intéresse à l'histoire, aux relations internationales et à la géopolitique, puisque la géographie est ce qui définit selon lui l'histoire et la politique des régions du monde. Ainsi pour lui c'est la formation de l'espace qui nous permet de comprendre le monde. Aslam ibn Abass étudie également la théologie, où il se pose comme un disciple de la pensée réformiste du professeur Tariq Ramadan. Il est l'un des administrateurs des pages dédiées à la cause de ce dernier. Passionné de savoir, Aslam ibn Abass s'intéresse à tous les domaines du savoir notamment la philosophie, la poésie la science... et bien d'autres. Il a accepté de partager ses analyses sur kirinapost.

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