sois en sûr, nous ne t’oublierons pas « Prési »

La mort de Pape Diouf est d’une tristesse sans nom. La nouvelle de sa disparition, mardi à l’hôpital Fann de Dakar des suites d’une contamination au Covid-19 a créé chez moi et chez beaucoup de personnes qui l’ont connu le sentiment d’un grand vide. Tonton Pape, « Prési » comme j’aimais t’appeler, je pleure depuis hier…

Pape Diouf (1951-2020)

Charismatique, pertinent, passionné, respectueux et respecté de tous, accueillant, souriant, bon conseiller… tous ces superlatifs juste pour dire quel homme, quel dirigeant et quel leader tu fus. Sitôt qu’on te rencontrait, on était séduit par ton humilité et ta sagesse. Profondément africain, foncièrement marseillais et résolument militant de la dignité humaine, tu as su être avec intelligence, un digne représentant de la diaspora et surtout participer à briser bon nombre de préjugés et de clichés. Oh homme au grand coeur, ces mots n’arrivent pas à traduire toute l’admiration que j’avais pour toi. Ton français limpide et soutenu m’aurait sans doute aidé, grand amoureux des mots que tu étais…

Avec toi, ma passion du foot a décuplé. Tu m’as fait aimer le journalisme que je n’ai pas hésité à apprendre. Je n’oublierai pas ce conseil du journaliste brillant que tu fus à la jeune étudiante que j’étais: « C’est bien de faire du journalisme. Sache que tu devras te former et à l’école et dans le tas. C’est en étant dans ces deux écoles que tu deviendras une bonne journaliste. » Ses conseils m’ont beaucoup servi…Et à chaque fois que j’avais un peu de vacances je prenais le train, direction Marseille pour aller apprendre auprès de « Prési ».

Alors que tu étais Président de l’OM et un calendrier hyper chargé, tu t’es occupée de moi, prenant de mes nouvelles régulièrement et surveillant mes études. Naturellement, je n’oublierai pas mon premier stage en journalisme que j’ai eu grâce à toi. Le milieu journalistique en France étant sélectif et les étudiants sénégalais peinant à trouver des stages valorisant, ce geste de ta part restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Tout au long de ma formation ton ombre protectrice m’a accompagnée. Par la suite, d’autres portes se sont ouvertes et tout cela grâce à toi !

Tu étais un ami de la famille et tu es devenu un papa. Preuve d’une profonde relation, tu n’as pas hésité à donner le nom de ma mère à ta fille ainée…et pour ce geste, tu resteras encore plus dans nos coeurs et dans nos prières.

Tu n’es plus là mais comme tu disais :

« On naît, on vit, on part, on est tous de passage. On se succède les uns aux autres. C’est la loi de la nature. Je n’ai pas peur qu’on m’oublie. L’essentiel est que mes enfants et ma famille ne m’oublient pas. »

 Ce mardi, après une vie remplie, tu as été inhumé au cimetière de Yoff à Dakar mais sois en sûr, nous ne t’oublierons pas. Reposes en paix Prési !

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