LA PHOTO EST UNE IDÉE EN MOUVEMENT… LE FILM UN GESTE EN/DE RECOMPOSITIONS…

« La vision artiste (…) dissocie, désintègre, éparpille les ensembles en une multitude de touches ou de notations qui épuisent la totalité des éléments d’une impression, mais rendent en même temps le caractère fortuit et hétéroclite de leur rencontre. L’analyse et la discrimination indéfinies de l’objet, sa réduction en une nuée confuse et vacillante d’images attrapées au vol, sont une technique… » Henri Mitterrand, Le regard et le signe, Paris, PUF, 2006, p. 273.

Ils étaient là, dans leurs corps, engagés.

Si photographier n’est pas une idée, filmer ne peut prétendre être, une série de mouvements…

Clap ! Tournez ! Stop à refaire comme dans les vieux studios photos… hors-champ ou dans le champ… Le champ cannibalise le film… la photo tranche le champ… Démarche qui relève d’une évidence photographique… Parce que la photo a précédé le film… et ne finira jamais de le précéder, en le bouclant, en séquences oblitérées, par des coupes, qui agissent comme des hiatus..

Hiatus qui finissent par s’inter-féconder… produisant la cohérence de l’affiche finale du film, avant sa projection dans une salle sombre, sur Écran Blanc (là où le silence de la plongée et le rire de la sortie se confondent) jusqu’à prendre l’aspect d’une allégorie mécanique, c’est-à-dire à la Charlie Chaplin ! (Principe des liseuses ?).

Le film se dépose, par photos successives, palimpsestes de gestes répétés, traînant leurs lambeaux. Ceux d’entre-eux qui viennent rehausser l’image et l’histoire contée, en des lieux démultipliés, selon les temporalités préétablies du scénario, perturbées par l’état de santé du public technique, et finalement de celui auquel on tend son propre miroir… comme dans une projection… avant-première.

NB : L’affiche d’un film est une « simple » photo, tentant d’allier le mouvement interne du film et le caractère statique du titre… page de garde et 4ieme de couverture dans … avec effets et lumières…

 

©Abdarahmane Ngaïdé

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Il écrit et ne s'arrete jamais d'écrire. Avec humour, philosophie, il raconte les lieux comme personne. Enseignant-Chercheur à UCAD, Abdarrahmane Ngaidé est un historien de formation.

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