Il est temps d’encourager la révolution scientifique en Afrique

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Accélérer le développement de l’Afrique fondé sur les connaissances grâce à des politiques et des investissements fondés sur la science est important pour stimuler la croissance et le bien-être à long terme. L’Afrique est un continent où la base de consommateurs, les ambitions entrepreneuriales et l’innovation locale grandissent. Avec plus de 300 pôles technologiques répartis dans 93 villes du continent, les entrepreneurs innovent dans tous les domaines, de l’éducation et de la santé à l’agriculture et à l’énergie. L’Afrique est en train de devenir un générateur de savoir, d’innovation, de créativité et de technologie, au lieu d’être un simple adaptateur de tendances produites ailleurs dans le monde. Il ne fait aucun doute que la politique des gouvernements africains peut accélérer ce processus. Le modèle de développement fondé sur le savoir constitue un nouveau territoire pour l’Afrique. Il devrait définir nos objectifs collectifs.

Le modèle de développement fondé sur le savoir en Afrique a été accéléré par l’arrivée d’innovateurs et de créateurs de savoir occidentaux et asiatiques. Ces innovateurs ont été attirés par l’environnement règlementaire flexible de l’Afrique. Cela a permis à l’Afrique de se féliciter des premières versions de la technologie nouvellement développée. La technologie des drones, utilisée pour la livraison de produits médicaux en tant que solution transcendantale au déficit d’infrastructures médicales en Afrique, en est un excellent exemple.

Cela a démontré que le développement fondé sur la connaissance et la science est la clé de l’équation suivante du succès :

Innovation – création d’emplois – inclusion socio-économique – progrès de la société – gains pour l’ensemble de la population d’un pays.

Pour réussir l’équation ci-dessus du succès, les gouvernements africains doivent d’abord prendre des mesures concrètes et spécifiques pour produire et diffuser des connaissances sur tout le continent. Les stratégies délibérées devraient être centrées sur trois défis principaux : (1) Comment améliorer les cadres règlementaires des pays pour permettre des sociétés fondées sur la connaissance, plus particulièrement dans les deux domaines politiques de l’industrie et de la science ; (2) Comment développer les compétences et les capacités nécessaires à l’installation d’une culture scientifique et créative en Afrique ; et (3) Comment concevoir des partenariats efficaces et un financement structuré pour construire les deux premiers piliers.

Prenez l’économie circulaire à faibles émissions de carbone, par exemple. En Afrique, la croissance rapide de l’économie industrielle offre l’occasion de dépasser l’économie linéaire classique et de passer directement à des modèles circulaires plus respectueux de l’environnement, tirant parti de l’intégration des facteurs sociaux, environnementaux et économiques dans la balance. En examinant l’empreinte environnementale des processus industriels du point de vue du cycle de vie, nous avons non seulement la possibilité de réduire leurs impacts négatifs, mais également d’identifier de nouvelles opportunités d’innovation et de création de richesse. Cela peut être fait en utilisant des matériaux et de l’énergie renouvelables, en concevant et en fabriquant des produits à faible impact, réparables et évolutifs, et en réutilisant les matériaux constitutifs en fin de vie.

Pour soutenir une transition rapide vers l’économie circulaire en Afrique, les décideurs, les universités, les entreprises et la société civile doivent travailler ensemble pour créer un environnement propice à la recherche et au développement en vue d’une économie à faibles émissions de carbone. Les moyens de le faire incluent l’utilisation de matériaux biosourcés et de ressources énergétiques plutôt que ceux à base de pétrole ; concevoir des produits composés de ressources renouvelables minimisant la consommation d’énergie ; produire des biens localement en utilisant des ressources renouvelables locales ; et soutenir les efforts visant à valoriser les déchets en tant que ressource pour de nouveaux processus industriels, etc. Cela signifie essentiellement que nous devons nous concentrer sur l’utilisation des ressources renouvelables qui nous entourent et empêcher de les gaspiller.

De plus, les parties prenantes africaines doivent se concentrer sur l’indépendance énergétique. La catastrophe nucléaire de Fukushima a joué un rôle central dans la transition énergétique en Europe, grâce au développement rapide des systèmes d’énergie renouvelable, une ressource particulièrement abondante en Afrique. Le tissu économique et social du continent pourrait être transformé dans les années à venir. Néanmoins, il reste des défis majeurs à relever avant d’obtenir l’accès universel à l’énergie et son indépendance énergétique. Malgré les progrès rapides dans la capture, le stockage et la gestion des énergies renouvelables, des investissements colossaux sont nécessaires pour soutenir des infrastructures et des systèmes à la fois financièrement viables et techniquement réalisables. Cela nécessitera un fort soutien politique sous forme d’incitations et de règlementations pour soutenir les investissements publics et privés, ainsi que les partenariats permettant de réaliser des avancées technologiques. Ceux-ci sont nécessaires dans le stockage d’énergie, par exemple.

La voie privilégiée pour le stockage des énergies renouvelables sur le continent devrait être la production de combustibles synthétiques gazeux ou liquides, par opposition aux batteries. Lors de nos tables rondes du prochain forum Einstein, nous continuerons d’étudier d’autres voies d’innovation menant à la prospérité. Outre son implication dans la politique scientifique et industrielle, l’Institut Africain des Sciences Mathématiques (AIMS) est actif dans de nombreux domaines universitaires et de recherche, notamment le changement climatique, les mathématiques financières et pures, le big data et l’intelligence artificielle.

AIMS croit fermement qu’une culture de l’innovation ouverte, fondée sur des partenariats tout au long de la chaîne de valeur de l’éducation, est essentielle à la fois pour commercialiser la base de connaissances en expansion de l’Afrique et pour gravir la chaîne de valeur mondiale. C’est là que la coopération internationale pourrait avoir un impact à long terme.

© Observateur OCDE, octobre 2018

Credit-photo :nowebagency.com

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