Finale de la CAN : Entre Vouloir et…Pouvoir.

Aux pieds des Pyramides d’Egypte, il nous aura manqué « Le Sens de l’Histoire ». Déjà en 1986, la meilleure équipe d’Afrique, voire du Monde, que nous avions, était passée à côté de son destin. Cette fois-ci, l’équipe N°1 au classement FIFA Afrique s’en va encore, battue en finale, sans avoir toujours compris que justement « une finale ne se joue pas…elle se gagne ».

Nous avons perdu un match sans l’avoir joué, affichant avec application notre sens du désordre et de l’à-peu-près, qui nous est consubstantiel, convoquant à chacun de nos gestes une grâce tombée du bon vouloir de Dieu, dont tous les sénégalais sont persuadés qu’il ne parle que Wolof, et qu’en bon garçon commissionnaire, il nous suffit de Lui demander ce qu’on veut pour que Sa Magnanimité à nous seuls due, vienne combler nos vaines espérances.

Nous avons montré plein de velléités lors de ce match perdu sans que notre gardien de but n’ait eu à toucher un seul ballon, c’est un comble. Mais de volonté, point. La marche sur laquelle avec une obstination jubilatoire nous trébuchons toujours est celle où reposent les vertus du travail, de la patience, du patriotisme mobilisateur et de l’humilité.

Il ne suffit pas de vouloir…Il faut créer les conditions de Pouvoir, en sculptant avec patience les armes qui vous portent au combat, et qui parce que vous en maîtrisez l’usage, deviennent des armes fatales. En fait, si nous avions gagné cette CAN, nous aurions perdu 20 ans, persuadés que nous aurions été que nous n’avions plus à persévérer dans nos efforts à bâtir une véritable nation de football.

Nous aurions jubilé, oubliant que nous n’avons même pas un stade digne de ce nom, pas un championnat attrayant, pas un seul club qui depuis 20 ans n’a passé un seul tour de coupe d’Afrique et des joueurs qui sont pour la plupart formés à l’étranger, nous contentant sous nos cieux de les former comme on élève des moutons de Tabaski, en vue de les vendre.

Il serait temps que nous apprenions à sucer les bonbons que l’on nous propose, au lieu de tout de suite les croquer sans en savourer le goût.

Ce soir, il nous aura manqué de la folie et de l’insouciance pour entrer dans l’Histoire du Football africain. Ce sont souvent des qualités que les hommes présomptueux dédaignent, trop sûrs qu’ils sont de leur prestance. Le paon fait de superbes roues… mais jamais ne s’envole.

Aux pieds des pyramides, nous avons benoîtement pensé qu’avec Augustin Tine et le fils du Président pour nous représenter, nous allions impressionner notre monde, alors que Youssou Ndour et Coumba Gawlo mettant le feu au Caire lors d’une fête géante, avec 300 sénégalais tirés au sort conviés par un président engagé et présent auprès de ces joueurs, cela aurait quand même eu plus de gueule, et aurait été au diapason de cette jeunesse enthousiaste qui ne demandait qu’à avoir droit au rêve et qui avait fait de nos villes un festival de couleurs joyeuses.

Il est à noter que la victoire est allée aux combattants plus qu’aux brillants. D’ailleurs le quotidien algérien national s’appelle « El Moujaïdine », le « combattant. Le nôtre s’appelle juste « Le Soleil ». Et parfois il ne nous éclaire même pas. A chacun son histoire. »

 

Crédits: Xalima

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