Clubhouse: vers une démystification de la validation sociale ?

Dans un contexte de crise sanitaire qui s’éternise où les rencontres et les opportunités de réseautage se font rares, Clubhouse émerge en plein confinement. Conçu en avril 2020 par Paul Davison et Rohan Seth, le réseau social qui regroupait initialement des professionnels de la technologie pour contrecarrer la distance qu’imposait le Coronavirus au monde entier, est accessible quelques mois après à un plus grand public. Certes élitiste et bâti d’abord sur l’exclusivité, Clubhouse se démarque du réseau social classique par sa sobriété et s’inscrit dans le concret. Ce qui semble porter les utilisateurs vers une ère de banalisation de la validation sociale ?

Le Réseau social

Club House est une application de réseautage accessible par invitation, et sur laquelle il est possible de prendre part à des discussions en format audio. Les échanges classés par thème se déroulent via des Room avec un modérateur et des intervenants.

À ce prototype aux allures de podcasts, les deux geeks de la Silicon Valley ont ajouté une fonctionnalité ouverte au public, jusque-là disponible sur iOS et prévoit une version Android à partir de 27 mars 2021 dans le souci de bâtir graduellement la communauté.

Si beaucoup d’applications de ce type, qualifiées d’opportunistes, ont explosé durant la crise sanitaire, comme cela fut le cas avec House Party qui a cartonné en France, mais n’a pas duré sur le marché, Clubhouse a tenu plus longtemps et multiplie les milliers d’utilisateurs à travers le monde. En Afrique où l’utilisation des Androids est plus répandue, son expansion est jusqu’alors très timide.

Les usages

Cette plateforme d’échange interactif sur des thématiques différents aux allures de panels ,avec des interventions de personnes qui traitent leur sujet avec lucidité. Le format audio est caractérisé par la spontanéité ; ou tout passe par la voix créé une proximité entre les intervenants avec des interactions concrètes et authentiques. D’ailleurs les interventions de Elon Musk, Oprah Winfrey ou encore de Mark Zuckerberg ont entrainé une affluence sur la plateforme qui failli faire craquer le système. Une maitrise de son sujet est de mise sur une plateforme qui de plus est un outil de Personnal Branding et de prospection avec une possibilité de rattachement à LinkedIn.

Clubhouse ouvre des discussions en petits groupes sur un large éventail de sujets. De la science, en passant par la religion, la culture, des levés de fonds, la santé mentale, l’art pour ne citer que ceux-là, les usages sont multiples, tout y passe comme tout autre réseau social à travers une écoute active et interactive avec un réel engagement humain à travers la voix.

« Il y a une démocratisation de la production audiovisuelle au Sénégal » spécialiste en marketing digital ©unplash

Co-Création

Pour Makhtar Diallo spécialiste en marketing digital, la production audiovisuelle a connu une démocratisation ces dernières années au Sénégal. 

« Les producteurs et réalisateurs aujourd’hui plus ouverts associent leur audience à la création. Des Room regroupant des cinéphiles ont permis à ces derniers de se regrouper pour discuter des séries qui cartonnent actuellement au Sénégal. De ces échanges sont sorties des idées et des suggestions qui permirent de booster la créativité pour une production inclusive. » explique le spécialiste.

Éducation / Enseignement

Utilisatrice de l’appli Clubhouse Marie Lo, Ingénieure financière résidante au Canada, pense que les rooms proposent une variétés de thèmes assez originaux permettant à tout un chacun d’y trouver son compte.

« L’application est très efficace et me permet de me réunir avec des personnes avec qui je partage les mêmes centres d’intérêt. Grace à Clubhouse j’ai pu suivre des discussions dans des Rooms dans lesquels des intervenants partages des astuces pour parfaire leurs aptitudes linguistiques. J’ai aussi pu maintenir mes habitudes religieuses en prenant part à des discussions, des veillées sur la religion et échanger sur le Mouridisme » renseigne la sénégalaise d’origine.

La validation sociale démystifiée ?

Club House est dépourvu des fonctionnalités de bases des réseaux sociaux classiques. Avec peu de commodités sociales tout se joue sur le son et en direct.

Les émotions et les réactions des utilisateurs sont les attractions irrésistibles de tous les réseaux sociaux. Entre anticiper sur les désirs du consommateur pour essayer de dépasser ses attentes, les plateformes de réseautage font intervenir tous les sens. Clubhouse a fait le choix de l’ouïe. Il serait la résultante des vecteurs d’une plateforme de podcast et de LinkedIn, réseau ou se poursuivent naturellement les grandes discussions de l’application. Clubhouse pourrait ainsi être qualifié d’austère par les classiques plus habitués aux réseaux plus aptes à la sécrétion de dopamine, cette molécule responsable du plaisir, de la motivation et de la dépendance. Cette dernière est l’un des revers de la médaille de l’application qui peut devenir rapidement addictif.

Clubhouse a fait le choix de l’ouïe. ©unplash

Une vingtaine d’années après leur émergence, les réseaux sociaux n’en sont qu’au début de leur révolution qui change tous les jours la vie de ses consommateurs.

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