Affaire Khashoggi: Un verdict contesté dans le monde

5 personnes ont été condamnées à mort par le procureur d’Arabie saoudite lundi pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi . Un procès, qui s’est tenu à Ryad sans la présence des principaux suspects. 

 

 « La justice a été bafouée », c’est la conviction de Reporters Sans Frontières après le verdict du procès lié au meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Sur les 11 suspects traduits en justice en Arabie Saoudite, le procureur saoudien a annoncé 5 condamnations à mort ainsi que des peines de prison de 24 ans pour trois autres prévenus.

« Le procès n’a pas respecté les principes internationalement reconnus de la justice  et cette condamnation pourrait être un moyen de faire taire à jamais des témoins de l’assassinat , a souligné le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.
Même son de cloche en Turquie, pays dans lequel fut assassiné le journaliste engagé. D’autant plus que l’enquête turque a eu accès à des enregistrements audio du crime tel qu’il s’est déroulé au consulat saoudien à Istanbul. Normal donc, qu’Ankara critique les conclusions du tribunal saoudien.
 « Le verdict est loin de répondre aux attentes de notre pays et de la communauté internationale pour éclairer tous les aspects de ce meurtre et pour la manifestation de la justice », a affirmé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le fait est que le Prince héritier Mohammad Ben Salman (MBS) et ses proches dont son ancien conseiller Saoud al-Qahtani n’ont pas été inquiétés et pourtant de forts soupçons de culpabilité pèsent sur leurs épaules.

Quant aux Etats-Unis, l’administration Trump, proche de MBS, a pris acte du verdict et salué une grande « avancée » même si la directrice de la CIA, Gina Haspel avait informé en son temps les députés américains comme quoi le prince héritier Muhammad Bin Salman (MBS) avait très probablement commandité l’assassinat de Khashoggi. C’est pourquoi Agnès Callamard, rapporteure spéciale des Nations unies, avait demandé que le rôle de MBS, dans le meurtre du journaliste fasse l’objet d’une enquête. En vain rappelle RFI.
Le justice saoudienne n’a pas respecté les normes internationales selon plusieurs associations et institutions spécialistes des droits de l’homme comme l’ONG Human Rights Watch. Ces dernières pointant du doigt le fait que les observateurs internationaux, invités à suivre le procès, n’avaient toutefois pas le droit d’avoir un interprète pour suivre les délibérations en arabe.
Pour Abdel Bari Atwan rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum, l’annonce du verdict juste avant les fêtes de Noël en Occident a été délibérément programmée pour réduire au minimum les retombées politiques et médiatiques.
« Une décision rusée, sans aucun doute, mais cela ne signifie pas que l’affaire a été enterrée. Loin de là. Il aurait peut-être été préférable pour Riyad de ne jamais rendre le verdict public, pour la simple raison que personne, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Arabie saoudite, ne lui accorde la moindre crédibilité » analyse le journaliste dans son éditorial.
Proche du Prince héritier Muhammad Bin Salman qu’il voit comme un « réformateur » lorsque ce dernier accède au pouvoir, Jamal Khashoggi va vite déchanter et dénoncer les dérives autoritaires du jeune leader. C’est ainsi qu’il devient le pourfendeur du régime saoudien et plus particulièrement de MBS. Il s’exile vers les Etats-Unis et devient chroniqueur au Washington Post.
Khashoggi sera assassiné le  par un commando saoudien alors qu’il se trouvait au Consulat d’Arabie saoudite en Turquie. Après avoir initialement nié sa mort et donné plusieurs versions, affirmant que Khashoggi avait quitté le consulat vivant, l’Arabie saoudite finit par reconnaître le  que Jamal Khashoggi a été tué à l’intérieur du consulat tout en épargnant MBS.

 

 

 

 

 

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