Lancé le 30 août 2026 à Khartoum, le « dialogue soudano-soudanais » entend tracer l’avenir politique du pays en pleine guerre civile. Mais en s’établissant dans une zone tenue par l’armée, sans les forces politiques adverses ni cessez-le-feu, il soulève des questions sur ses objectifs et risque avant tout d’asseoir la légitimité du pouvoir militaire réinstallé à Khartoum. Pierre-yves Baillet & Adèle Forveille pour Orient XXI

Khartoum (Soudan), le 16 septembre 2026. Des passagers montent à bord d’autocars interurbains et se rassemblent à la gare routière centrale de Khartoum, alors que le transport intérieur reprend après un conflit de longue durée.© Nazar Abdullah / ANADOLU / Anadolu via AFP
Le groupe préparatoire réunit une vingtaine de membres, universitaires, avocats ou encore journalistes venus de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Il borne son mandat au volet politique du conflit et laisse le volet sécuritaire aux belligérants. De Djeddah à Addis-Abeba, en passant par Le Caire et Genève, médiations et conférences se succèdent depuis le début de la guerre en avril 2023 : toutes à l’étranger, toutes sans issue. « Quand ces dialogues se tiennent hors du pays, les voix de la majorité des Soudanais, ceux qui vivent ici et subissent la guerre, sont souvent mal représentées, sous-représentées ou complètement absentes », plaide Mohammed Munir Ahmed Saifeddine, également membre du comité, qui a quitté l’Ouganda, où il réside, pour s’installer à Khartoum le temps des travaux du dialogue.
Les FSR écartées
Selon lui, celui-ci devra s’attaquer aux racines du conflit : parmi elles, le partage des richesses, l’identité de « groupes ethniques qui ne se voient pas représentés » et « la manière dont le pays aurait dû mener la transition vers un gouvernement civil démocratique ». La dernière formule est pour le moins prudente. La transition a commencé avec la chute d’Omar Al-Béchir en 2019, mais le général Abdel Fattah Al-Bourhane, commandant de l’armée régulière, et Mohammed Hamadan Dogolo, dit Hemetti, le chef des FSR, y ont mis fin conjointement par un coup d’État militaire en octobre 2021. Leur désaccord sur l’intégration des FSR dans l’armée, prévue par l’accord-cadre de décembre 2022, a ensuite débouché sur la guerre. Lire La Suite ICI








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