Redonner aux médias leur dimension de laboratoire du politique

Qu’on le veuille ou non, cette question de la mise au norme des médias reste centrale dans les luttes actuelles, et nul doute qu’elle en est l’une des pierres d’achoppement qui tend à ressaisir l’organisation de l’information à la lumière des conditions de formation d’une « intellectualité de masse ».

C’est connu, la dialectique révolutionnaire ne vise pas seulement à se prémunir de la sclérose bureaucratique et à la dépossession des masses, mais aussi à défendre une conception de la fonction médiatique comme « laboratoire intellectuel » intégrant une multiplicité de pratiques et de collectifs ; un espace de production de sens envisagé comme le lieu de production d’une pluralité de savoirs et, sur leur base, d’expérimentation de stratégies et de tactiques révolutionnaires hétérogènes.

La guerre ne se passe pas que sur le théâtre des opérations. Celle qui se livre par médias interposés est encore plus féroce. De nos jours, un pays sans la capacité de contrôle strict de la communication médiatique et sans moyens efficaces de la communication de ses propres actions et réalisations ne sera que la victime de la propagande de forces réfractaire au changement souvent  adoubés par des puissances étrangères hostiles. L’information et la communication sont bel et bien des moyens d’influence de politique intérieure mais aussi de géopolitique.

Renforcer la puissance de frappe de la communication institutionnelle

Ce que  l’on attend de nos gouvernants, c’est l’obligation de convaincre par le logos, la raison. C’est ce qui distingue la communication politique de l’art, qui séduit, émeut, mais n’a aucune l’obligation de convaincre.

Pour renforcer le capital sympathie et enrôler des cibles défiantes,  les stations présidentielle comme primatoriale ont tout intérêt à dérouler une communication politique authentique dans une relation empathique et valorisante avec la société.  Il devront choisir entre les postures de surfeur émotionnel et de laboureur de conviction. Pour que leur discours politique retrouve une légitimité, il serait improductif d’user des travers mortifères de la com’  et judicieux de réintégrer la complexité du réel.

En suscitant le débat avec les citoyens, cette démarche participera du changement indispensable du statut du politique. C’est cet appel nécessaire à la raison des citoyens qui devrait toujours être au centre de la communication politique. Tel est le sens de la démocratie.

Par conséquent, on attend de  Bassirou Diomaye Faye comme d’ Ousmane Sonko, qu’ils soient habités par l’esprit du politique et en appliquent la lettre.

L’homme politique est avant tout un penseur qui attire et rassemble par les idées non démagogiques qu’il prône au service de la nation. C’est le protagoniste de l’action méliorative qui s’expose à l’incompréhension et l’échec plutôt que de se pâmer dans les miasmes du populaire si le populaire est erroné et indigne.

Ce n’est pas un chemin facile quand on est élu que de s’adresser avant tout à la raison, puis de continuer inlassablement à informer sur son action. Mais il faut savoir ce que l’on veut pour faire vivre la démocratie.

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Khady Gadiaga est une communicante de profession. Elle a capitalisé 25 ans d'expérience professionnelle dans différentes entreprises où elle a respectivement occupé les postes de Product Manager, Directrice Commerciale et Marketing, notamment dans les secteurs de l'industrie médicale et textile en Europe et en Afrique. Ancienne directrice du marketing du Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN) de 2005 à 2010, elle a coordonné et orchestré le volet communication et marketing de ce grand rendez-vous culturel. Khady est passionnée de culture, des grandes idées et des mots, elle met sa plume au service des causes justes, parmi lesquelles, la paix et la concorde et la liberté. À ce titre, elle a été directrice de la rédaction, à Debbo Sénégal. Cette ancienne étudiante en Langues étrangères Appliquées à l'économie et au droit à University of Nice Sophia Antipolis, est aujourd'hui Directrice générale à Osmose (Agence de communication Globale) et depuis 2011, met en pratique sa riche expérience en qualité de Consultant expert Sénior en accompagnant les organisations du secteur privé, public et institutionnel en terme de conseils, de coaching et de suivi-évaluation de projets et programmes. Les chroniques de cette dame de aux centres d'intérêts éclectiques, sont désormais sur Kirinapost.

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