NDOR DU NIL À LA « JOUE-JOUE »… SANS ARÊTES DE TRAVERS…

ICI RADIO TEFES…La beauté d’une table de studio-radio ne fait pas d’une émission ce que l’essence du mot traine comme charge sacerdotale. Mais une belle table peut aussi dépasser son caractère de simple accessoire et de meuble superflu, si elle est bien entourée.

« Parler à la radio n’est pas un simple jeu, ou une simple modalité pour assouvir une certaine forme de visibilité », en se rendant audible. Surtout lorsque nous sommes dans le contexte de ce que nous appelons « heure de grande écoute », à l’intérieur d’une émission qui cible un public particulier, sachant décrypter.

Posture risquée, parce qu’on est é-cout-é en direct, et ou en différé. Peu importe, on est « écouté » et même « écoutable. » On ne vous tend pas une oreille attentive, mais on écoute votre esprit, votre rythme de respiration, votre verbe et votre verve.

Donc on vous écoute avec un certain esprit déjà préparé. Car, la « bande annonce » aura atteint sa cible : l’auditoire.

La distance jouant son jeu, en permettant a l’écho de votre voix d’aller au-delà de l’espace qui lui est « naturellement » réservé. C’est cette aventure qui consacre le caractère improbable des réactions que susciteront vos propos.

De toutes les façons on ne va pas… pour l’applaudimètre, ni pour faire le sachant. On y va parce que nous sommes d’abord sollicités, et ensuite nous avons envie de partager, avec un public difficilement accessible autrement, nos propres idées sur des choses communes, avec notre angle et à partir de notre point d’observation.

Oui, il arrive que vous ayez envie de partager (c’est naturel) vos pensées, de clarifier votre position. Mais vous êtes surtout convié à participer, sans aucune prétention ni condescendance, à éclairer l’opinion sur des sujets qui préoccupent l’ensemble de la communauté.

Donc la radio ne peut être ni un cirque, ni un théâtre, même si par ailleurs elle peut diffuser des sketches hilarants, ou d’autres émissions qui divertissent en transmettant des leçons de vie.Vous êtes « mis sur table d’écoute » de l’autorité suprême : l’opinion publique.

© Abadarahmane Ngaïdé

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Il écrit et ne s'arrete jamais d'écrire. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages (essais & romans). Avec humour, philosophie, il raconte les lieux comme personne. Enseignant-Chercheur à UCAD, Abdarrahmane Ngaidé est un historien de formation.

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