Armelle Mabon est historienne et une des grandes figures de ce que l’on nomme outre-Atlantique les colonial studies. Membre du collectif « secret défense », ses travaux sur les tirailleurs sénégalais, la captivité des soldats indigènes et le massacre de Thiaroye sont connus.
Armelle Mabon . Comme attendu, le ministère des armées relève appel du jugement du tribunal administratif de Paris du 27 mars 2026 pointant la faute de l’État. Les moyens soulevés tentent d’exonérer l’État français de tout manquement au détriment de la réalité des faits et de toute morale.
Si la volonté du ministère de contrecarrer les connaissances historiques et la moindre avancée en matière judiciaire n’est pas nouvelle, les moyens mis en œuvre par la ministre des armées dans sa lettre à la Présidente de la cour administrative d’appel de Paris contre le jugement n°2411510 du 27 mars 2016 (1) frisent le parjure aux yeux de l’historienne que je suis. Je ne traiterais pas ici de la discussion sur le bien fondé du jugement que je laisse à la compétence de l’avocat de Biram Senghor.
Un curieux éclaircissement des circonstances
L’État français devait donc déclarer le décès de M’Bap Senghor au lendemain du 1er décembre 1944 à l’officier d’état civil qui devait dresser un acte de décès pour le transmettre à la famille du défunt. La famille n’a reçu aucune des pièces d’état civil. On peut supposer que seules les familles des 35 reconnus décédés suite à la « rébellion armée » ont été dûment informées. La famille de M’Bap Senghor a su très rapidement qu’il était décédé au camp de Thiaroye mais les autorités ont camouflé sa mort lors de ce massacre prémédité pour effacer un bilan trop lourd de victimes via l’allégation produite selon laquelle il figurait au rang des hommes «non rentrés». Les autorités devaient appliquer la circulaire du 18 mars 1946 relative à la régularisation de l’état civil des prisonniers, des déportés, des travailleurs «non rentrés». Aucune démarche n’a été effectuée pour que la veuve puisse obtenir des droits dans ce cadre. Parmi les documents transmis par la ministre pour cet appel et ceux présents dans le dossier de M’Bap Senghor, les échanges de courriers entre le Gouverneur du Sénégal et le ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre ne sont qu’un simulacre de recherche d’un « non rentré ». Les réponses sont ubuesques : « manquait à l’appel du 12 décembre 1944 », « cet ancien prisonnier de guerre aurait été hospitalisé dès son débarquement », « ce militaire est décédé le 12 décembre (sans autre précision) ». Ce n’est pas si facile d’inventer une fin de vie pour contourner la réalité des faits.
Dans le dossier de M’Bap Senghor, un autre document qui aurait été signé par le frère du défunt en vue de la rectification de l’état civil daté du 26 décembre 1951.

Dossier personnel de M’Bap Senghor
Il se trouve que le frère du défunt ne s’appelle pas N’Gor Senghor mais Godali Senghor.

Dossier personnel de M’Bap Senghor
Ce n’est que fin 1952, que « le commandant supérieur des forces armées de la zone de défense AOF-Togo a informé le ministère des anciens combattants et victimes de guerre en réponse à une dépêche ministérielle du 9 octobre 1952 que M. M’Bap Senghor matricule n°32.124 était décédé le 1er décembre 1944, lors des incidents de Thiaroye ».
Le 8 août 1953, l’avis de décès aurait été remis à la famille de M’Bap Senghor. Son fils Biram se rappelle de cette convocation par les autorités locales à Fatick mais ne garde aucun souvenir de cet avis de décès qui fait partie des pièces transmises récemment par le ministère suite à ma demande.

Avis de décès de M’Bap Senghor (1953)
Depuis 1953, l’autorité militaire s’accommode d’un flou sur la situation personnelle de M’Bap Senghor considéré comme déserteur et ce jusqu’en 2019, date à laquelle le directeur de Cabinet de la secrétaire d’État aux armées donne ordre aux archivistes de caviarder la mention de déserteur sans que nous sachions avec quelle archive il a pu le faire. Paradoxalement, alors qu’une décision de justice de la cour d’appel était favorable à la modification de la date d’embarquement mensongère figurant sur l’extrait de service, le ministère a déposé un pourvoi devant le Conseil d’État afin de ne pas avoir à satisfaire à cette injonction préservant les droits des descendants. Une circulaire datée du 4 décembre 1944 stipulait que ceux qui avaient quitté la métropole le 5 novembre 1944 avaient perçu l’intégralité de leurs soldes. Quand l’État français reconnaîtra réellement ce mensonge avec toutes les conséquences? Le prétexte du pourvoi étant, entre autre, un risque de falsification : « Ainsi rendre possible leur altération du fait d’une volonté particulière même dans une ambition de vérité historique, apparaît en contradiction avec le régime de préservation qui leur est réservé par ailleurs »(2). Le pourvoi a été admis par le Conseil d’État. Dans son courrier au vice-président du Conseil d’État de 2025, le ministre des armées a une pensée touchante pour les historiens qui « peuvent se servir d’éléments obsolètes, incomplets ou inexacts […] constituant un sujet d’étude historique ou scientifique ». Au vu de mon expérience, je trouve cette assertion pour le moins déplacée. C’est bien le ministère des armées qui a « altéré » ce document en premier et les extraits d’état de service sont régulièrement modifiés.

Etat signalétique et des services de M’Bap Senghor modifié sur ordre du directeur de Cabinet de la ministre Geneviève Darrieussecq suite à la requête de son fils auprès du TA de Paris
Dans le dossier de M’Bap Senghor consultable au SHD de Caen, on y trouve différents courriers de son fils Biram depuis les années 70 réclamant des éclaircissements sur la mort de son père. Ainsi en 1982, Biram Senghor a écrit au président Mitterrand. Son courrier a été transmis au Chef de Cabinet, Serge Daël, du ministre de la Défense, Charles Hernu. Dans sa réponse du 7 janvier 1983 à Biram Senghor, Serge Daël mentionne que le ministre a prescrit une enquête. Le 17 janvier 1983, le département de la Défense prétend qu’il ne détient aucun dossier concernant cet ancien tirailleur et, en conséquence, il n’y a eu aucune enquête. Serge Daël, devenu président de la CADA, lors de notre rencontre, a exprimé son sentiment d’avoir été trompé par le personnel du ministère.

Bordereau d’envoi suite demande enquête 1983
Les services internes du ministère parfaitement éclairés ont refusé de partager leurs connaissances à Biram Senghor sur les circonstances du décès. C’est la même logique qui domine en 2026.
Deux morts pour un seul acte de décès
Le problème qui se pose aux autorités militaires et coloniales et au ministère des armées aujourd’hui, c’est l’absence d’acte de décès pour M’Bap Senghor. Ce qui, pour l’administration, est gênant car elle a reconnu qu’il était décédé le 1er décembre 1944 et sa famille aurait dû recevoir un acte de décès conformément à la réglementation. La requête en appel de la ministre des armées dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer.
L’explication de la ministre des armées en 2026 est implacable : L’administration ayant acté la confusion entre les deux personnes homonymes, le ministre des anciens combattants et victimes de guerre a transmis, par une lettre du 2 septembre 1953, au Procureur de la République près le tribunal civil de première instance de Dakar une copie de l’acte de décès n°4135 établi au nom de Bappe Seck N’Gor (Bao Senghor) en précisant qu’il concernait en réalité M’Bap Senghor. Il sollicitait un jugement rectifiant et complétant et corrigeant l’acte de décès n°4135.

Courrier du ministre des Anciens Combattants au Procureur de la République du Sénégal à Dakar
Les six pièces jointes n’ont pas été transmises avec la requête en appel et dans aucun document n’apparaît ce pseudonyme Bao Senghor qui pourrait effectivement prêter à confusion. J’ai demandé au ministère des armées de me transmettre ces pièces jointes et le document où apparaît ce curieux pseudonyme. Il faudra patienter avant d’obtenir une réponse.
Le Procureur de Dakar ne semble pas avoir répondu favorablement à la demande du ministre certainement parce que la loi le lui interdisait. Une copie intégrale du registre des actes de décès daté du 2 novembre 1959 sera envoyée au ministre avec ce n°4135 de Bappe Seck N’Gor tué le 1er décembre 1944.

Copie acte de décès de Bappe Seck N’Gor
Copie acte de décès de Bappe Seck N’Gor
Cet acte de décès — il faut le souligner — faisait obstacle à une substitution illégale et n’arrangeait pas les affaires du ministère. Je rappelle que le frère du défunt a été affublé de ce nom N’Gor. Est-ce l’effet du hasard ou la fabrication d’un scénario dont se sert la ministre pour interjeter appel?
Le 28 mai 2026, dans ce mémoire destiné à interjeter appel, la ministre des armées et des anciens combattants nous apprend que : « Le 23 décembre 1959, après avoir reçu copie de cet acte de décès, le ministre, constatant qu’il n’avait pas été modifié, a de nouveau demandé au procureur de faire procéder aux correctifs ». La deuxième tentative n’a pas été plus fructueuse que la première.

courrier du ministre des anciens combattants à Monsieur le Procureur général du tribunal de Grande instance de Dakar 23 décembre 1959.
En 2013, lorsque le SHD de Caen m’a transmis le dossier de M’Bap Senghor je peux affirmer que ces éléments présentés par le ministère ne figuraient pas dans son dossier. Ces constatations me placent en position de témoin d’une tentative de fraude à l’état civil. En 2024, dans le cadre de la préparation du 80ème anniversaire du massacre de Thiaroye, une délégation sénégalaise se rend en France. À cette occasion, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères lui remet les 35 actes de décès de ceux officiellement tués dont celui de Bappe Seck N’Gor qui sera oublié dans l’attribution de la mention « Mort pour la France ». L’ONaCVG l’a octroyée qu’à six tirailleurs en juin 2024 malgré 35 actes de décès disponibles mais il manquait celui de M’Bap Senghor et de tant d’autres ex-prisonniers de guerre exécutés arbitrairement.

Acte de décès de Bappe Seck N’Gor disponible au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
Quant au lieu de la sépulture, la ministre des armées dans sa requête soutient : « alors qu’il y a eu une confusion lors de la déclaration des décès survenus le 1er décembre 1944, et que la famille de M. M’Bap Senghor n’a pas pu être informée de ce décès, l’administration militaire n’a pris conscience qu’en 1953 de l’absence de localisation de la sépulture de M. M’Bap Senghor, soit neuf ans après son décès et selon les modalités (caveau de terrain commun ou tombe individuelle avec ou sans identification) qui lui étaient inconnues en l’absence d’archives sur le sujet. La localisation de la sépulture de M. M’Bap Senghor est devenue particulièrement difficile voire impossible aujourd’hui pour l’État français, le Sénégal ayant accédé à son indépendance le 4 avril 1960. Il n’appartient pas à l’État de conduire des investigations sur un territoire étranger.
Je laisse la ministre des armées assumer ces propos.
L’Armée n’est pas amnésique au point de ne pas savoir où ils ont été enterrés. Un proche du ministère, Eric Deroo, ayant mentionné que les corps ont été transférés des tombes vers un autre endroit, il serait judicieux de lui demander des explications complémentaires. Mais aussi au Général Paulus, dernier commandant des forces françaises au Sénégal qui a indiqué que les autorités savaient où étaient les fosses communes dont l’endroit a été recouvert d’un dépôt d’ordures mais il ne parlait pas du cimetière. C’est bien le ministère des armées qui a donné une indication précise sur trois fosses communes sous les tombes du cimetière militaire. Cet élément est gravé dans un rapport de l’Assemblée nationale publié en 2020. Lorsque je réclame les archives sur ces trois fosses communes, le ministère prétexte qu’il s’agit en réalité de témoignages oraux et qu’il n’existe aucun document. Qui peut croire qu’un ministère pour un rapport publié par l’assemblée nationale se référerait à des témoignages ? Quand bien même ce serait vrai, un témoignage oral demeure une archive obligatoirement consignée.
Nous pouvons mettre quelque espoir depuis la reprise des fouilles archéologiques avec des moyens technologiques adaptés. Il semblerait que la France a proposé son aide récemment.
Et la ministre des armées conclue sa magistrale démonstration par :
« Dans ces conditions, il ne saurait être reproché à l’État de ne pas avoir fait la lumière sur les circonstances précises du décès de M’Bap Senghor, dès lors qu’il a été accompli de nombreuses démarches, individuelles et collectives, afin d’expliquer les circonstances de sa disparition ».
Une volonté politique en berne
La ministre tient à faire valoir le travail fourni pour la reconnaissance des événements de Thiaroye. Le terme de massacre a disparu. Quel retour en arrière!
La France a mené de multiples actions afin de faire le jour et documenter les événements du camp de Thiaroye
– Discours de Hollande du 12 octobre 2012 évoquant une « répression sanglante »
– Lettre du président à son homologue sénégalais du 30 novembre 2014 (sic) reconnaissant « un enchaînement de faits ayant conduit à un massacre »
– 24 mars 2014, la France a offert son concours au Sénégal afin de proposer l’entretien et la restauration du cimetière
– adoption d’une dérogation générale le 24 septembre 2014 (pièces du procès)
– remise des archives numérisées le 30 novembre 2014
– accueil d’une délégation sénégalaise fin novembre 2024
– envoi de documents numérisés à la délégation
– transmission du carnet du sous-lieutenant Henry déposé en mars et transmis aussitôt au comité sénégalais.
Le discours du président Hollande d’octobre 2012 évoque le bilan de 35 morts alors que le ministère sait pertinemment que ce bilan est mensonger. Le terme de « répression sanglante » entérine le fait d’une rébellion armée ou d’une mutinerie. Il a repris les mêmes termes en 2014 lors de son discours au cimetière de Thiaroye en doublant, cependant, le nombre de morts passant à 70. La seule avancée a consisté à reconnaître la spoliation des soldes.
Il faut mettre en parallèle le discours du président de la République avec les choix narratifs ordonnés par le ministère et ce malgré la réception d’une synthèse de mes recherches en 2014 qui démontre un massacre prémédité et non une mutinerie ou une rébellion armée. Le conseiller mémoire du ministre Le Drian devenu président du CNC a indiqué lors d’un entretien en septembre 2014 qu’il s’agissait bien d’un massacre, que les victimes n’étaient pas dans les tombes et qu’après le discours du président, il sera possible d’envisager un procès en révision. Malgré l’octroi de la mention « Mort pour la France », le garde des Sceaux n’a rien entrepris.
Contrairement aux propos du conseiller mémoire, la DMPA (direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives) a conservé le récit officiel en le renforçant par d’autres propos mensongers. D’après une note du 28 mai 2013 de Eric Lucas (directeur de la DMPA de 2007 à 2013) préparatoire au 70ème anniversaire, il souhaite montrer les archives y compris sur poste informatique alors que ces archives consultables dissimulent la réalité des faits. Il mentionne que « les tirailleurs mêlés aux événement de Thiaroye étaient majoritairement originaires du Soudan français ». Comment ce directeur qui a occupé le poste de Directeur de Cabinet de la ministre Darrieussecq en 2019 peut être aussi affirmatif sans une liste détaillée des rapatriés, liste toujours pas consultable? Par ailleurs, il critique le film de Ousmane Sembène « Camp de Thiaroye » comme la seule référence pour la jeunesse et « l’événement culturel projeté lutterait contre les idées fausses qui tiennent lieu d’histoire ». Le film est plus proche de la réalité des faits que ce que montrent les rapports des officiers et les panneaux d’une exposition estampillée DMPA.
Cette exposition à destination des pays d’Afrique subsaharienne avec trois panneaux sur Thiaroye réitère le mensonge d’État. Non seulement il n’y a pas eu de reconnaissance mais bien au contraire l’État français s’est enfoncé dans le déni en 2014.
Le libellé de la lettre du président Macron en 2024 avec « l’enchaînement des faits » imputable aux rapatriés, évite d’évoquer l’ordre de tirer décidé au moins la veille. Cet ordre a été donné par le lieutenant-colonel Le Berre qui a fait venir chez lui la veille au soir un lieutenant de vaisseau considéré comme habile aux tirs pour commander des automitrailleuses, armes qui ne sont pas destinées à un maintien de l’ordre. Ce LCL a été sanctionné puis amnistié par la loi du 16 août 1947 comme les condamnés de Thiaroye. L’administration a caviardé à tort le motif de la sanction. Le ministère des armées refuse toujours de procéder à la révélation des lettres avec des motifs incongrus. Il s’agit là encore d’un manquement ne nous permettant pas de nous approcher de la vérité. Par contre, les condamnations n’ont pas été caviardées dans les dossiers personnels des ex-prisonniers de guerre. Les pays d’Afrique subsaharienne concernés par le massacre pourraient réclamer ce motif de la sanction. En 2010, une mission de la DMPA s’est rendue à Dakar où il a été question des archives de Thiaroye selon un témoin qui a souhaité rester anonyme. En septembre 2024, la DMCA (direction de la mémoire de la culture et des archives), suite à une demande des documents sur cette mission, atteste qu’elle n’a jamais existé. Suite à un recours devant le tribunal administratif avec la preuve de son existence, la DMCA a bien voulu accepter une dérogation pour consultation du carton supposé contenir des informations sur cette mission. Aucune dérogation pour les autres cartons de la même série n’a été accordée. La consultation est prévue le 29 juillet, je sens que c’est un leurre encore et toujours. Là aussi, les pays concernés pourraient réclamer ces documents précis.
Quant au carnet du sous-lieutenant Henry, le ministère a estimé que ce récit était plausible alors que le doute sur la véracité des faits ainsi relatés est plus que permis. L’étude effectuée par le ministère a été réclamée et une procédure est en cours au tribunal administratif de Paris, le ministère n’ayant rien transmis.
Un courrier du directeur de Cabinet de la Garde des Sceaux de décembre 2014 mentionne : « Refusant de poursuivre un déni officiel de plusieurs décennies » force est de constater que le déni officiel est toujours à l’œuvre avec autant d’indignité.
Dans cette requête, il y a incontestablement une nouveauté avec le délai de prescription partant le 30 novembre 2014 date du discours du président Hollande.
« En vertu de l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968, Biram Senghor aurait dû adresser une demande indemnitaire à l’administration en lien avec ces préjudices au plus tard le 31 décembre 2018 ».
Dans son discours, François Hollande n’a reconnu que la spoliation des soldes et, par la suite, a rejeté toute idée de réparation. Concernant la demande de remboursement des sommes spoliées de Biram Senghor, elle date du 1er octobre 2017. Et l’État français a refusé l’accord amiable initié par la CEDH.
Il y a bien faute de l’État par les nombreux camouflages, dissimulations, falsifications, obstructions à la manifestation de la vérité. Toutes ces manœuvres ont été faites sciemment pour cacher l’ignominie du massacre et la stratégie pour le maquiller en rébellion armée nécessitant une répression sanglante.
Il appartient aux magistrats de la Cour d’appel de statuer sur la demande de dommages et intérêts de Biram en lien avec la faute de l’État avec encore un possible recours devant le Conseil d’État. Depuis quelque temps, la justice nous donne de l’espoir et j’espère voir apparaître le terme de mensonge. La ministre des armées a t-elle une pensée pour Biram qui se bat depuis plus de 50 ans pour connaître la vérité sur la mort de son père, vérité connue du ministère? Est-il acceptable d’afficher un trafic d’acte de décès pour se disculper?
J’ose espérer que la teneur de cette requête de la ministre des armées permettra de faire aboutir une indispensable commission d’enquête parlementaire.
(1) : https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/responsabilite-de-l-etat-en-lien-avec-le-deces-d-un-des-tirailleurs-senegalais-lors-du-massacre-de-thiaroye-le-1er-decembre-1944.
(2) : Le ministre des armées à monsieur le vice-président du Conseil d’État, 10 juillet 2025.

Biram Senghor © Clair Rivière









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