La BAD tire la sonnette d’alarme sur le défi de l’emploi

La Banque Africaine de Développement (BAD) prévoit une accélération de la croissance sur le continent, mais pense aussi le secteur industriel devrait jouer un rôle plus important pour favoriser l’emploi. C’est ce qui ressort du dernier rapport  » Perspectives économiques en Afrique ».

« L’état du continent est bon. La performance économique générale de l’Afrique continue de s’améliorer, mais elle reste insuffisante pour faire face aux défis structurels », a déclaré Akinwumi Adesina, président de la BAD à l’occasion de la publication du rapport.

En outre, la BAD pointe du doigt un certain nombre d’obstacles majeurs. Il s’agit des risques d’une plus forte vulnérabilité à l’endettement dans certains pays, des problèmes de sécurité et de migration, et surtout les incertitudes liées aux élections et à la transition politique qui pourraient peser sur la croissance.

En dehors de ces freins, la croissance en Afrique devrait s’accélérer à 4% en 2019 et à 4,1% en 2020, soit un niveau supérieur à celui d’autres pays émergents et économies en développement dans leur ensemble, mais inférieures à celles de la Chine et de l’Inde. En 2019, souligne le rapport, « 40% des pays africains devraient connaître une croissance d’au moins 5%. Le défi consiste à créer une trajectoire de croissance supérieure inclusive et favorable à l’emploi.» Tout est parti d’une croissance timide de 2,1% du PIB réel en 2016 avant de voir l’économie africaine se redresser avec une croissance de 3,6% en 2017 et de 3,5% en 2018.

Par ailleurs, la population africaine en âge de travailler devrait passer de 705 millions en 2018 à près d’un milliard en 2030. À mesure que des millions de jeunes rejoindront le marché du travail, la pression pour créer des emplois décents s’intensifiera. Au rythme actuel de croissance de la main-d’œuvre, l’Afrique doit créer environ 12 millions de nouveaux emplois chaque année pour empêcher le chômage d’augmenter. D’après la BAD, « une croissance économique forte et soutenue est nécessaire pour créer des emplois, mais cela ne suffit pas. La source et la nature de la croissance importent également ».

Cinq mesures courageuses pourraient porter les gains totaux de l’Afrique à 4,5% de son PIB, soit 134 milliards de dollars par an. Car, l’unification économique est l’une des solutions au dilemme du développement de l’Afrique. Si beaucoup ont pensé que cela nécessitait une union politique, la plupart des dirigeants des jeunes États africains ont été réticents à encourager l’érosion de la souveraineté nationale et l’émergence d’une autorité supranationale pour coordonner et gérer les affaires de l’Union Africaine.

Cependant, pensent plusieurs analystes, une  «Afrique sans frontières» demeure l’un des fondements d’un marché continental concurrentiel qui pourrait servir de centre commercial mondial. Dans cet environnement, la croissance tirée par le secteur manufacturier aura le plus grand impact sur la création d’emplois et des richesses des nations. Le rapport sera d’ailleurs présenté lors du prochain sommet de l’Union Africaine.

Dans cette optique, la Banque panafricaine met l’accent sur trois domaines clés : les performances et les perspectives macroéconomiques de l’Afrique ; emplois ; croissance et dynamisme des entreprises et intégration pour la prospérité économique de l’Afrique.

Toutefois, les perspectives de croissance positives sont obscurcies par des risques de détérioration. Sur le plan extérieur notamment, la BAD note les incertitudes liées à une escalade des tensions sur le commerce mondial, la normalisation des taux d’intérêts dans les économies avancées et les incertitudes pesant sur les prix des produits de base.

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.