kirina, un spectacle signé Serge Aimé Coulibaly

Le chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly propose un nouveau spectacle, son nom : Kirina. Après Kalakuta Republik, en référence à la célèbre « république » de la légende Fela Kuti, Serge Aimé Coulibaly, toujours sur le thème de la lutte, nous plonge cette fois dans l’histoire du Mandé et de la fameuse bataille de Kirina en 1235.

Un parolier, neuf danseurs, quarante figurants et six musiciens, telle est la distribution pour raconter en danse, l’histoire du Mandé. Un peuple qui marche. Un peuple révolté, fier et résolument tourné vers l’avenir.

Pour ce nouveau spectacle, Serge Aimé Coulibaly s’est entouré du penseur sénégalais Felwine Sarr et de la diva malienne Rokia Traoré. Ces deux personnalités africaines apportent la justesse et la profondeur de ce que le chorégraphe burkinabè voulait faire ressortir. L’influent essayiste, auteur de Afrotopia, met en évidence la grandeur du peuple du Mandé et sa place dans l’histoire de la marche du continent.Quant à la chanteuse et icône malienne, elle a su trouver la musique et le chant capables de transcender, de faire vibrer et accompagner à merveille le spectacle.

Histoire contemporaine, tirée du riche patrimoine ouest-africain, Kirina nous parle de l’empereur Soundjata Keïta, de la mythologie du Mandé, tout en le mettant en perspective avec le monde d’aujourd’hui.

« Nous avons voulu des va-et-vient entre le passé et aujourd’hui pour créer un spectacle actuel. Par exemple, nous faisons un parallèle entre certains rituels du temps de Kirina et le rituel qu’organisent les parents aujourd’hui pour préparer leurs enfants qui optent pour l’immigration clandestine en Europe », a expliqué Serge Aimé Coulibaly en présentant son nouveau spectacle.

Il y a pleins d’autres comparaisons entre le passé et le présent dans Kirina, qui font du spectacle du chorégraphe une production fraîche, évoquant les réalités quotidiennes africaines à la lumière des événements de sa glorieuse histoire. 

Pour information, Serge Aimé Coulibaly est né à Bobo Dioulasso au Burkina Faso, et travaille désormais en Europe et un peu partout dans le monde depuis 2002, date de la création de sa compagnie Faso Danse Théâtre. Sa culture africaine en bandoulière, il participe depuis 2002 à une réflexion sur l’émergence d’une danse contemporaine où l’émotion et l’espoir sont présents.

Ankata, l’espace que le coréghraphe a ouvert dans sa ville natale, est conçu comme un Laboratoire International de Recherche et de Production des Arts de la Scène. Il en a fait un carrefour d’échanges entre différents continents et différentes disciplines, comme le souligne le lesballetscdela.com.

 

Spectacles avec sa compagnie Faso Danse Théâtre :

Kalakuta Republik (2016), Nuit Blanche à Ouagadougou (2014), Fadjiri (2013), Khokuma 7° Sud (2011), Babemba (2008), Solitude d’un Homme Intègre (2007), A Benguer (2006), Minimini (2002).

Collaborations dans le monde :

Moïse Touré (La Maladie de la Mort, 2015), avec Marrukegu Company en Australie (Cut the Sky, 2014 et Burning Daylight, 2009), avec Farid Berki (Double Jeu, 2013), avec Julie Dossavi (Cross and Share, 2012), avec Alain Platel (C(H)OEURS, 2012 et Wolf, 2003), avec Kalpana Raghuraman (I lost my English, 2008) et avec Sidi Larbi Cherkaoui (Tempus Fugit, 2004).

 

Crédits: Festival de Marseille

 

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